Some remarks from the student interpreters' point of view

Paris, St Denis, France: 12-15 novembre 2003
Christian Flury
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Postby Christian Flury » Fri May 07, 2004 1:28 pm

Bonjour Emma,
d’abord j’ai l’impression qu’il y a un malentendu dans le sens que les deux citations sont du même orateur, et c’est là que réside le problème. Il est vrai que j’interprèterais un député d’extrême droite sans états d’âme, mais je n’accepterais pas qu’il dise « et en plus, même l’interprète est d’accord ». Pourtant, le coté militant de Babels ouvre à mon avis la porte à de telles situations même si ce n’est pas son intention.
Même si je ne voudrais pas réduire le débat à cette question, il me semble nécessaire d’y revenir encore une fois parce qu’elle a créé des malentendus.
Étant donné que l’expression « prise en otage idéologique » heurtait votre sensibilité, je l’ai remplacée par « ambiance fortement idéologisée ». Je tiens pourtant à souligner que si le post de Stéphanie peut avoir créé l’impression que la formule initiale constituait le délit de diffamation, ce reproche très grave serait à mon avis faux et inapproprié dans le cadre de cette discussion.
L’histoire du McDo et de la Nutella n’est pas arrivée à moi-même, mais ce sont de bons exemples pour démontrer ce que je veux dire par « ambiance idéologisée ». Et cela venait justement de ces militants qui en cabine livraient parfois un travail assez douteux. Juste pour dire qu’en tant qu’interprète on risquait plutôt d’être repris pour manque d’esprit altermondialiste que pour manque de professionnalisme ce qui rendait plus difficile d’évoquer les problèmes liés à la qualité.
En fait, je dois admettre que malgré des points communs je ne suis pas tellement ancré dans l’univers des Forums sociaux que j’envisagerais d’aider de façon bénévole l’organisation, la logistique, etc. comme tu le proposes. Cela dit, je ne regrette pas de m’être porté volontaire pour le FSE2 et je ne regrette pas non plus de vous avoir fait part de mes impressions dans le sens d’une contribution à votre travail, contribution qui est peut-être difficile à digérer, mais dont l’intention est avant tout d’aider vos activités et vos objectifs.
Cordialement
Christian

Elena
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Postby Elena » Fri May 07, 2004 4:27 pm

Christian Flury wrote:Reading about the objectives of Babels, I see that one of Babels' goals is "to permit the sharing of their [i.e. the participants'] analyses and experiences and to co-ordinate their actions at an international level." This is possible only if the interpretation service provided respects at least some minimum quality standards. A speaker who has carefully prepared his speech deserves to be understood which is not the case if the interpreter does not know his or her job.

I think we all agree that the higher the quality, the better. But we have to face up to reality: I don't think SFs can afford to hire such a huge number of professional interpreters, and I really doubt many professionals would want to work for free (unless they are committed), not to mention the fact that some non-professionals have proved able to do a good job. However, I agree with Sylvie that some quality control could be carried out in order not to call again those people who have proved incapable of interpreting.

Christian Flury wrote:I, therefore, think that Babels should stop creating the false impression that anyone who masters a foreign language can work in an interpretation booth. In my opinion the problem lies basically in this false premise underlying Babels’ activities.

I don't know if Babels creates that impression. But I met in Paris a couple of guys who spoke Spanish really well and who weren't even nervous about getting into a booth for the first time, something that seemed very strange to me. That first time was a disaster, but they improved (or so they told me ;-)). Maybe it could be a good idea to inform people on the job they have to do before they get into a booth for the first time.

sylvie
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Postby sylvie » Sat May 08, 2004 2:20 am

christian,

la encore tu donne des intentions à Babels qui ne sont pas vraies lorsque tu dis " la façon dont Babels cherche à attirer de nouveaux adhérents ".
La façon.... quelle façon ? Serait-elle si peu nommable ou indigne ?
Babels ne cherche pas( ce qui implique une démarche de Babels allant à l
a recherche de primo-traducteurs?..... Babels est basé sur le volontariat des personnes et non pas sur une démarche inverse émanant de Babels). Babels n'attire pas (comme.... un beau panneau publicitaire, comme..... quelque chose de superficiel, comme..... quelque chose de factice.....plusieurs lectures de ce mot est possible).
Tous ces mots sont très négatifs..... et tous mis bout à bout font encore une phrase loin de la réalité de Babels.

je te cite encore :
"Mais l’interprétation n’est pas une connaissance, mais un métier dont le principe est très simple : il faut savoir écouter et parler en même temps. Or, je ne connais personne qui ait été en mesure d’intérioriser ce principe en trois quarts d’heure, il faut – et j’en suis d’autant plus persuadé après ce que j’ai vu à Paris - de l’entraînement pour y arriver - que ce soit dans le cadre d’un cursus universitaire, d’une formation autodidactique, d’un stage en cabine muette… mais il faut de l’entraînement".

Mais qu'as-tu vu sur Paris, sur 3 jours, pour tirer des conclusions sur tous les primo-traducteurs (je laisse le soin à d'autres plus à même de te rappeler le nombre de Babeliens tout comme le nombre parmi tous ceux là qui ne sont pas des professionnels du métier mais qui font un travail de qualité). Combien,en pourcentage, crois-tu avoir rencontré de toutes ces personnes ?

Sincèrement tu ne crois pas que quelqu'un qui a vécu à l'étranger suffisament longtemps pour vivre cette situation là (quelqu'un me raconte quelque chose dans une langue étrangère, mon cerveau traduit dans ma langue maternelle, je veux répondre, je la traduis dans cette langue étrangère pour répondre mais la conversation est déjà avancée; Trop tard, je me tais).....et cela tous les jours, à chaques minutes durant pour arriver(....en moyenne) 6 mois après de survie et de frustrations.....à : ce processus est simultanné, j'écoute, et je comprends........... puis plus tard..... je ne passe même plus par ma langue maternelle, je peux répondre immédiatement..... d'ailleurs c'est même lorsque je dois retourner dans ma langue maternelle que je ne trouve plus certains mots !......). Si ça ça ne vaut pas tous tes entrainements alors je n'y comprends plus rien. Et cela ne prend pas si longtemps que ça pour en arriver là...... 1 an, 2ans rarement plus en pleine immersion linguistique. Ces gens là seraient incapable d'effectuer une traduction de qualité ? Moi je crois qu'ils en sont capables surtout si tu rajoutes d'autres éléments comme leur engagement, leurs connaissances du sujet, leur volonté de faire bien, leurs prédispositions naturelles.... et j'en passe..... (les unes rajoutées aux autres ou même quelques une rajoutées aux autres cela fait des personnes de plus en plus compétentes) Et il en existe, et il y en a qui s'entrainent encore et encore car ils veulent jouer un rôle dans la construction d'un autre monde. Un rôle important (tellement important que tu le défends becs et ongles, que tu as choisis d'en faire ton métier), celui de traduire un orateur pour que le maximum de personnes puissent entendre le message. Et pour celui qui est engagé : un message qui libèrera ce monde du néolibéralisme et de la pensée unique.....

autre sujet : J'ai pas bien compris où tu voulais en venir avec l'exemple du bus........ mais je peux te dire qu'il est tout aussi démontable que la voiture pour le peu que j'ai pu comprendre....... cela demande juste un peu plus d'attention et de mesures de sécurité lorsqu'on a pas l'habitude (de conduire un bus)......... il suffit de prendre de la marge pour ensuite améliorer petit à petit....... Cela peut être la même chose en traduction...... la sécurité pouvant être un traducteur expérimenté.........

Remarque à l'attention des Babeliens : pour le coup je crois que le codage utilisé par Babels pourrait être revu en n'utilisant plus le mot pro qui veut dire professionnel mais expert.... à réfléchir sur la terminologie....... cela supprimerait certaines assimilations et raccourcis.

Quoi d'autre ? oui, tout simplement ma propre expérience de première traduction qui viendra étayer mon propos juste au dessus (mais je suis sûre que ce que je vais écrire ne te sera pas très étranger)....... du français vers l'anglais...... je n'ai pas réussi à tenir longtemps, sûrement moins d'une minute car d'entendre ma voix (je ne m'y attendais pas) m'a dérangée. Non je dirais plutôt que l'enjeu qui était sur mes épaules pour la première fois de ma vie (traduire de façon fidèle un orateur afin que le public puisse comprendre le message....... tu vois que même des non pro ont cet objectif qui ..... découle de soit à mon avis ! ),.... donc ce stress, qui a suivi la surprise de m'entendre m'a empêchée de pouvoir faire cette traduction plus d'une minute (j'ai pas une montre en main mais cela doit peut être même être moins..... alors on dira très peu de temps). Car c'est vraiment lorsque je me suis sentie écoutée par tous ces gens que le stress est monté, puis je n'ai plus qu'entendu ma voix, tout comme tous ceux qui portaient des casques le faisaient, et ils n'attendent que la suite de mes mots (traduisant un orateur bien évidemment !) qui doivent sortir de ma bouche pour aller vers leurs oreilles, oui grosse prise de conscience de l'enjeu..... et j'ai raté un mot puis d'autres puis floppe...... fatigue. J'étais fatiguée. C'est là, bien avant la noyade que mon coéquipier dont j'ai touché la main à repris sans aucun problème le court de la traduction. Une demi-heure plus tard, je reprends le micro mais là je sais, je ne me laisse plus surprendre par ma voix, je me fixe sur celle de l'orateur.... oh je ne tiens pas très longtemps....... peut être 5 minutes (même remarque, je n'ai pas chronométré, on dira un peu plus de temps) mais là c'est quelqu'un du public qui se retourne et me regarde..... ME REGARDE.... ME REGARDE....MOI !!!! (alors qu'il a été sûrement simplement curieux de voir d'où vient cette voix) mais pour moi il me regarde ........ et pppffffff je perds le fil (tu as bien su me décrire comme émotionnelle et là tu as raison) reprise à nouveau par mon coéquipier....... et ainsi de suite tout le long des interventions...... Je peux te dire qu'à chaque fois que je reprenais le micro je me sentais plus sûre et donc plus capable de durer (je te passe le moment où quelqu'un est passé devant la cabine, ou encore le moment où je suis tombée sur un mot que je n'ai pas réussi à traduire textuellement...... mais que j'ai compris, en y réfléchissant à tête froide, que l'on pouvait surmonter ce problème en respectant l'idée de l'orateur....... bref à chaque fois mes capacités, mes compétences augmentaient). Mais je dois te l'avouer mon coéquipier partageait l'idée d'accepter une parfaite primo-débutante et m'a soutenue, aidée, sortie de mauvaises passes..... Tout ça sans perdre une goutte de ce que l'orateur voulait transmettre. Il m'a donné envie de continuer, il m'a écrit les chiffres lorsqu'il y en avait...... etc..... Il a été très positif avec moi, me complimentant à chaque fois, m'assurant que oui je faisait un bon job. Pour lui les quelques minutes de répit que je lui donnait étaient déjà des bulles d'oxygène d'autant plus qu' il y avait un bruit horrible dans nos micros (qui d'ailleurs le dérangerait plus que moi). Il me l'a dit tel quel..... que je l'aidais ne serait-ce qu'en reprenant la traduction sur de courtes durées (comparées aux siennes).
Je pense que tu as connu tout ça et que tu as dû connaître tes flops même devant un public (sinon soit sûr que tu en connaîtras...... la perfection n'existe pas et les impondérables innombrables, et ce qu'on apprend à l'école ne suffit pas et je pense que tu le sais). Tu en as connu une grande partie en entraînement off de ce que je témoigne..... Mieux ou pas de le connaître en off ou en in..... à débattre.....mais je ne pense pas que ce soit important dans le cadre de Babels. Ce qui est important c'est que dans ce cas là des choses positives se sont produites..... J'ai progressé dans mes compétences de traductrice-amateure (pour Babels uniquement, je te répète que des gens comme moi ne prendront jamais la place d'un professionnel dans la vie courante), et en même temps la traduction a toujours été de qualité, mon accompagnateur a sûrement même eu du plaisir à me donner quelques ficelles du métier. IL peut être même trouvé d'autres avantage il pourrait en témoigner, lui ou un autre de ces initiateurs. Un échange c'est produit et pas que à sens unique (sinon la magie ne s'opère pas).
Alors si lui est capable de faire cela avec une personne comme moi pourquoi toi tu ne le pourrais pas ? Par simple obstination déontologique ? Parcequ'il faut avoir étudié ? Parce que sinon ça remet en cause le système éducatif ?
Moi je dis : pleins d'entrées sont possibles et ne nous fermons pas (exemple : l'instruction est obligatoire mais des parents peuvent choisir de ne pas mettre leurs enfants à l'école et enseigner à la maison. Et bien ça ennuie beaucoup d'enseignants...... car cela leur vole leur petit pouvoir, destabilisant de pouvoir imaginer que quelqu'un d'autres peut faire ce que moi je fais et pourtant j'ai trimfé pour avoir un diplôme...... Toujours est-il que si cet enfant démontre qu'il est capable de passer les tests de son âge on ne peut rien dire. Et c'est très bien ainsi. Laisser le choix... accepter que d'autres fassent aussi bien que soit sans avoir à passer par les mêmes voies...... Mozart jalousé par (j'écrirai des bétises sûrement)....... Rimbaud et son génie...... l'innée et l'acquis..... les limites et les capacités de chacun....... Plein de personnes sont plus douées que toi dans certains domaines tout comme toi tu l'es dans d'autres...... la différence, l'acceptation.
Bien sûr il ne faut pas en oulier les objectifs : clareté du message à transmettre.
Bien sûr il faut améliorer certaines choses chez Babels pour éviter des situations où le public ne comprend rien, l'éviter serait le mieux mais en tout cas ne pas reproduire serait pas mal non plus (la perfection n'étant pas de ce monde....... fort heureusement).
Mais, et je me répète ce n'est pas en supprimant les primo-traducteurs que tu aboutiras à la bonne solution.... au contraire il faut leur donner cette chance, celle de s'ouvrir et d'évoluer, car il en faudra en nombre des traducteurs bénévoles non pro pour assurer toutes ces traductions. Des gens qui seront là à tel évènement après s'être engagé à l'être . Des gens capables de remplacer à pied lever d'autres personnes dans l'incapacité de se présenter à ce même évènement. Des gens pour tourner sur des cabines. Des gens pour aller à Londres puis à Barcelone puis à..... au mois de octobre, puis juin, puis.........
Ca fait beaucoup de contraintes..... et pour que nous réussisions nous avons besoin de l'aide de tous, aussi petite soit elle ( quelques minutes pour permettre aux pros de souffler un peu) mais aussi de la tienne (celle de partager des connaissances pour faire évoluer tous ces primo-traducteurs (et je me répète dans le cadre du bénévolat et sans la prétention de se dire qu'un jour ils se feront payer pour faire des traductions).
Améliorons Babels sans mettre au rebus par des à prioris des personnes pleines de bonnes volontés et de qualités.
J'ai encore fait long ce soir
désolée
syl

sylvie
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Postby sylvie » Sat May 08, 2004 2:23 am

oups,
mes essais de font size sont plus gros que ce que je voulais faire (uniquement différencier ton texte du mien)
pourtant je pensais avoir fait "large"

Christian Flury
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Postby Christian Flury » Sat May 08, 2004 4:08 pm

Elena wrote:I don't think SFs can afford to hire such a huge number of professional interpreters, and I really doubt many professionals would want to work for free (unless they are committed), not to mention the fact that some non-professionals have proved able to do a good job.


Just one remark (I have to go in a minute): This is exactly why we tried to point out that there are masses of, let's say, "semi-professionals" looking for real-life training opportunities among interpretation students and that we believe Babels should therefore link up with interpretation departments. At the moment, most of them tell their students not to work for Babels, so why don't you start a dialogue or at least ask them what Babels could do in order to change their minds?

Christian Flury
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Postby Christian Flury » Mon May 10, 2004 8:40 pm

Bonsoir,

sylvie wrote:
la encore tu donne des intentions à Babels qui ne sont pas vraies lorsque tu dis " la façon dont Babels cherche à attirer de nouveaux adhérents ".
La façon.... quelle façon ? Serait-elle si peu nommable ou indigne ?
Babels ne cherche pas( ce qui implique une démarche de Babels allant à l
a recherche de primo-traducteurs?..... Babels est basé sur le volontariat des personnes et non pas sur une démarche inverse émanant de Babels). Babels n'attire pas (comme.... un beau panneau publicitaire, comme..... quelque chose de superficiel, comme..... quelque chose de factice.....plusieurs lectures de ce mot est possible).
Tous ces mots sont très négatifs..... et tous mis bout à bout font encore une phrase loin de la réalité de Babels.


Lorsque je me suis enregistré sur le site de Babels, la page d’accueil disait à peu près ceci (je ne cite pas littéralement et j’ai vu que maintenant c’est plus neutre) : Si vous maîtrisez une ou plusieurs langues étrangères, n’hésitez pas à vous porter volontaires même si vous n’avez jamais travaillé en cabine avant, enfin, il y a toujours une première fois.

Je pense que tu seras d’accord que c’est une façon d’encourager les gens à s’enregistrer, et je ne vois rien d’indigne là-dedans, Babels a effectivement besoins de gens, alors il cherche à les attirer, rien de plus naturel.

Cela dit, cette page d’accueil avait comme premier groupe cible les primo-interprètes, l’accent étant mis sur le fait qu’il ne fallait pas hésiter à se présenter même sans avoir aucune expérience. Ce faisant, Babels a dissuadé pour autant les professionnels et les étudiants ; je sais que des professionnels qui par idéalisme auraient été disposés à se porter volontaires ont changé d’idée justement à cause de ce genre de présentation qui leur semblait peu sérieux. Même si ce n’était pas dans vos intentions, implicitement, vous avez donc fait un choix : attirer le plus possible de primo-interprètes même au prix de perdre quelques professionnels, et personnellement je pense que c’était une erreur et que vous auriez pu « attirer » plus de professionnels et plus d’étudiants avec une présentation moins ciblée sur les débutants.

sylvie wrote:
Mais qu'as-tu vu sur Paris, sur 3 jours, pour tirer des conclusions sur tous les primo-traducteurs (je laisse le soin à d'autres plus à même de te rappeler le nombre de Babeliens tout comme le nombre parmi tous ceux là qui ne sont pas des professionnels du métier mais qui font un travail de qualité). Combien,en pourcentage, crois-tu avoir rencontré de toutes ces personnes ?



Bon, qu’est-ce que j’ai vu ? D’abord, je tiens à souligner qu’une fois j’ai travaillé avec une interprète non-professionnelle dont la prestation m’a vraiment impressionné, c’était pourtant une exception et elle avait déjà fait du bénévolat en tant qu’interprète à plusieurs occasions.

À part cette expérience, j’ai dû constater que lorsque j’étais en cabine avec des débutants ou que ceux-ci assuraient d’autres cabines lors de la même réunion, leur prestation ne permettait pas au public de suivre les débats. De plus, plusieurs collègues m’ont confirmé cette impression, et pour ce qui est des réactions des participants, j’en ai déjà parlé dans le document et dans mes posts précédents.

J’ai lu avec intérêt comment tu as vécu ta première expérience d’interprète-amateure dont je tiens à te féliciter d’autant plus qu’à mon avis elle présente plusieurs éléments positifs qui n’étaient pas la règle d’après ce que j’ai vu et ce que d’autres m’ont raconté.

1. Tu étais en cabine avec une pro. Or, il est arrivé fréquemment que des cabines soient assurées uniquement par des débutants, c’était même le cas de cabines qui devaient servir de relais à d’autres cabines ou des cabines dont dépendait la majorité du public.
2. Tu te rendais compte que ce que tu étais en train de faire était difficile et tu savais que ta coéquipière pouvait t’apprendre quelque chose. Tu me diras peut-être que cela va de soi. Mais d’après mon expérience personnelle et celle de nombreux autres, ce n’était pas la règle. Nous avons vu des débutants qui tout en livrant une prestation inacceptable ont pourtant insisté qu’en fin de compte c’avait été facile et qui restaient convaincus qu’il n’y avait presque aucune différence entre leur niveau et celui d’un pro – voir aussi certaines remarques sur les pro sur les autres fils de discussion de ce site.
3. Quand tu étais au bout de tes forces, tu étais reconnaissante à ton coéquipier de prendre la relève. Et c’est normal, si tu étais une pro et que ton cocabine ait vu que tu étais en difficulté, il aurait fait de même. Or, plusieurs débutants ne voulaient pas accepter que l’autre prenne la relève quand ils étaient visiblement en difficulté parce qu’ils trouvaient cela arrogant – voir également les autres fils de discussion.

Quoiqu’il en soit, mon impression globale que je partage avec d’autres était que Babels ne réservait pas une importance suffisante à la qualité et que les critiques de la part de quelques professionnels (et nous savons tous que déjà à Florence il y a eu des débats à ce sujet) n’étaient pas prises au sérieux. Par exemple, tout le monde savait à Paris que l’ESIT voyait d’un œil plus que critique l’action de Babels, mais selon une opinion largement répandue cela aurait tenu à un manque de compréhension des principes de Babels plutôt qu’à des réserves légitimes ; pourquoi, pour en rester à l’exemple concret, Babels n’a-t-il pas cherché le dialogue avec l’ESIT ou l’ISIT pour savoir quelles étaient les réserves concrètes de ces instituts ?

Bon, je crois que quant au rôle des primo-interprètes nous n’allons pas arriver à nous mettre d’accord parce que nos approches et nos perceptions sont trop diverses. Il y a la réalité du FSE telle que nous l’avons perçue et il y a la réalité du FSE telle que vous l’avez perçue, cela s’appelle diversité d’opinions et enfin, c’est une bonne chose. Voilà donc pour nos critiques.

Cependant, en ce qui concerne nos propositions, j’espère toutefois vous avoir indiqué un potentiel – à savoir celui des étudiants en interprétation – dont Babels pourrait profiter davantage. Quelques soient les qualités des débutants, je crois que tout le monde est d’accord qu’il est préférable d’avoir des gens qui aient déjà un peu d’expérience. Et ce que je peux vous assurer c’est qu’il existe dans le monde un grand nombre d’étudiants en interprétation qui cherchent désespérément des occasions pour s’entraîner dans un environnement réaliste avant d’entrer dans la vie professionnelle. Ces occasions sont très rares, la demande est donc importante et cette catégorie constituerait un groupe cible idéal pour Babels. Il y a des profs qui seraient peut-être disposés à préparer les sujets traités en cours, d’accompagner leur étudiants… Alors pourquoi ne pas se mettre en réseau avec les instituts de formation à l’interprétation ?
Cordialement
Christian

p.s. : Un contrôle de qualité ad hoc tel que proposé ne me semble pas faisable : Imaginez, si l’on réserve 10 minutes à chaque interprète, sur 1000 interprètes cela fait déjà plus de 150 heures…

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Ethics of interpreting etc.

Postby coquine80 » Fri May 14, 2004 11:11 am

Hello to all of you,

I read all your messages about interpreting and the problems that are linked to it. It's a really interesting and difficult discussion, I admit! Even if I don't know whether it is worthwile to state my point of view on these questions (given the fact that they have already been discussed) I would like to add just a few words (as an interpreting student):

- Interpreting means: Listening to the speaker and giving his speech in a different language. It is neither word-for-word translation, nor "just resuming the approximative idea". I think this has already been made clear. Therefore, there is an AUTOMATIC goal in interpreting: reach the highest quality standard that is possible! This has nothing to do with competition or professional interpreters' arrogance. It is our common interest, because we all want to assure that people can speak in whatever language they choose and to assure that the audience will understand the speakers, in whatever language they choose. We want to overcome the linguistic barrier, and therefore, highest quality seems a simple and natural goal to set! Whether this can be achieved by newcomers or by professionals is another question (I still share the view that simultaneous interpreting is a difficult technique which takes years to acquire...)

- Working conditions: I know that organising the conferences etc. was a really hard job to do and I admire the staff's work anyway. Nevertheless, I admit that working conditions for interpreters were far from excellent. Many things have already been said about this topic (no preparation time, no internet access for research etc.), so I'll just add this: The heaviest strain for me were the "booths" that rather looked like some cardboard boxes put on tables... I had to work in them several times and had the impression that they were not very helpful: As they do not represent an enclosed space, you have all the noise of the conference room around you, including the murmuring from the others booths (and in a noisy place, it's much more than murmuring when you interpret!). In one case, the booths were even put under a loudspeaker! Consequently, we had to pump up the volume of our headphones if we wanted to hear the speaker (or worse: the relay interpreter, with the speaker yelling from the loudspeaker above us in a language we couldn't understand...) and also had to speak in a very loud voice ourselves in order to monitor our output!
Not only is this a strain on the interpreter's nerves and concentration, but also a real threat to our health (ears and vocal cords)!
Secondly, those booths had some sort of plastic "windscreen" at the front . Unfortunately, the plastic was of bad quality so you only had a very blurred view at the speakers. That does not seem vital for interpreting, but it makes you feel uncomfortable anyway when you cannot see the speaker's mimics.
I know it must be difficult to get enough interpreting booths for so many conferences, but please do try to get some of those "complete" ones (huge, grey walk-in-boxes) - it makes things so much easier!

Now, the last point I would like to make because I saw that no one wrote about it is this:

When discussing whether people who had never been in a booth before should be allowed to interpret or not, there is not only the problem of quality and of professionalism that has to be adressed. I also tried to look at the problem from THEIR point of view (because my first steps in interpreting at university are not that far back!). So when I put myself in their position, I imagine arriving at the Forum and at the first conference with a huge amount of determination and enthusiasm - volunteers are always SO WILLING to help whereever they can, and that is wonderful!!
Now, I imagine sitting down in a booth, getting a more or less instructive briefing on interpreting techniques and the technical devices in front of me - and then start going. I know that after a couple of minutes, I would have realised that I was not able to make it, that the speaker was far too swift for me, that I just couldn't follow. What a feeling must it be to leave the booth after those minutes, or staying there, but seeing that I cannot help my colleague apart from taking some notes...?
What I want to point out is that I don't want people to undergo this enormous frustration! I do not want to see them walk out of the conference, all of their enthusiams gone, with a feeling of inferiority. (C'est très dur d'exprimer mes pensées en anglais, mais j'espère que vous comprendrez que je parle d'un point de vue pédagogique, méthodique, qui se doit d'éviter les frustrations et les échecs...)
So: when there are people who speak some foreign languages - wonderful! I know that there are many jobs to be done during a forum where they can be extremely helpful! But to me, aiming at simultaneous interpreting as an absolute beginner with no experience whatsoever seems not a very wise thing to do (in terms of quality as well as in terms of pédagogie)...

I am not against beginners - I am more or less a beginner myself (as I am still studying at university)! But I simply feel that people who will be sent into the booths as interpreters should definitely have SOME experience with simultaneous interpreting...

Je m'excuse d'avance de mes fautes d'anglais, mais comme la plupart des messages sur ce forum sont écrits dans la langue de Shakespeare, je ne voulais pas trop m'exprimer dans une autre langue...


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