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Discussions relatives aux coordinations Babels en France et en Belgique-België
Sommelier
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Postby Sommelier » Wed Dec 07, 2005 1:41 pm

A Barcelone j'ai eu des discussions sur certains termes, notamment le groupe de rap Molotov (justement un milieu où l'on éprouve moins de gêne à hurler "negro", même en français que l'employer en espagnol dans une conversation entre camarades, de même qu'un un pantalon "baggy" est plus confortable que le trois-pièces ou tailleur des interprètes de présidents). Sur un forum pour interprètes d'un site que je ne nommerai pas, tout en précisant que le propriétaire approuve la politique de Bush, les railleries (humour du genre "je suis d'extrême-droite", dont on se demande de quel niveau il s'agit) contre la correction politique sont moins censurées que mes remarques ou prohibées que "la politique"(je ne demande qu'à ce que l'on me prouve qu'elle est imperméable aux questions linguistiques et n'a aucun effet sur des problèmes de grammaire évolutive comme ceux que je suis en train d'aborder) et dans ce cyberespace mondialisé j'ai du mal à trouver meilleure autorité quant aux termes politiquement corrects que Babels. Je pense à "punk" (pas vraiment la tasse de thé à cinq heures de Babels, bien que je crois que Patty Smith était mariée à un ex MC5, gourou de Joe Strummer, mais mon propos n'est pas de sombrer dans la rock critic) qui en Amérique est politiquement incorrect (du moins dans la bouche des héros de films policiers) et synonyme de "gay", dont le sens original semble avoir disparu, de même que les rois du marketing ont réussi une évolution avec "punk" à mettre en parallèle avec "racaille" en français, bien que les rapers aux cheveux plus courts et bras plus gros que les stars du FS jugent "gansta" plus viril, et que de toute évidence les services de karcher public, s'ils ont contribué à ce je me demande s'il s'agit encore d'un terme politiquement correct en 2005, ne semblent pas responsables du début du processus de transformation sémantique, qui avec les débats sur la censure n'est pas sans rappeler les paroles plus rétro que rap de "La canaille" (et ça rime). "Cholo" en espagnol nord-américain ne semble pas avoir de connotations aussi polémiques que l'homophobie, mais il semble qu'en Amérique du Sud, ce mot a un sens racial, de même que "mayate" change de sens en traversant la rivière qui s'appelle "Grande" ou "Bravo" selon la rive, à propos desquelles un ministre raciste décrivait les échanges de cailloux et épithètes qui font aujourd'hui exploser les ventes de CD. Un camarade soulignait la nécessité d'être conscient des implications idéologiques des mots, je crois que cela est plus vrai pour Babels que pour, disons une traductrice, qui pour mettre en valeur la difficulté de termes comme ceux de la technologie visant à faire apprendre à une machine les gestes d'un ouvrier, les comparait à la simplicité des légumes, qu'un délégué utilisait lui à Barcelone pour expliquer la différence entre économie et productivité (peut-être n'avait-elle jamais acheté de petits-pois dans trop de pays hispaniques ou de dinde dans trop de régions du Mexique). J'ai eu affaire à des délégués des victimes de la guerre des gangs jamaïcains (heureusement pour moi je suis né dans un pays limitrophe d'une ancienne colonie britannique de la mer des Antilles) et même un délinquant juvénile repenti, il semble donc y avoir des âmes assez charitables pour prêter le micro aux suspects de ne comprendre que le langage de l'émeute, mais je ne compte pas trop sur l'Académie Française pour m'éclairer sur les subtilités du verlan kiffant dernier cri, et préfère donc m'adresser à vous.

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