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CR de l'intervention de Babels au colloque d'Aubagne

Posted: Tue Mar 02, 2004 8:01 am
by Guest
De la part de Guillaume.


Compte Rendu Mission Babels Colloque AMAP à Aubagne
26-28 février 2004


L’Alliance Paysans Ecologistes Consommateurs nous a demandé d’assurer l’interprétation de du colloque international des AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne). Il s’agit d’un colloque de deux jours suivi d’une visite de fermes d’une journée, regroupant des délégations de plusieurs pays représentant diverses associations de CSA (Community Supported Agriculture) ou ASC (Agriculture Soutenue par la Communauté). Il n’y a pas de mouvement mondial organisé d’ASC, ainsi la diversité préconisée par la charte de Babels, au-delà de la dimension internationale, était présente.

La coordination de l’équipe d’interprètes et les relations avec les organisateurs ont été assurés par Guillaume. Les interprètes étaient Clarissa, Guillaume, Jacques, Philippe, Yan (confirmés) et Jean, Kirsten, , Sylvie (débutants).

Des échanges sur Genese et Forum ont déjà fait valoir les réactions des uns et des autres sur le bien fondé de notre prise en charge. Deux récents compte rendus de réunion postés sur Forum ont rappelé les enjeux d’une telle action. Cette mission à Aubagne est perçue comme un « cas » destiné à progresser dans la discussion des orientations de Babels par rapport à des évènements qui ne sont pas des forums sociaux en tant que tels.

Les principaux enjeux vont être repris ci-dessous à la lumière de l’expérience d’Aubagne.

En ce qui concerne la dimension économique, le colloque a pu se dérouler avec le soutien de la Commission des Communautés Européennes, de la Région Paca, du Conseil Général des Bouches du Rhône, du GIB. Comme déjà mentionné avant le colloque, et en réponse à un propos critique sur le fait que les interprètes pouvaient ou devaient être rémunérés, le bénévolat de Babels a permis aux organisateurs d’inviter plusieurs intervenants étrangers que le budget n’aurait pas permis d’inviter autrement. En particulier, trois délégués québecquois du mouvement Equiterre sont spontanément venus dire aux interprètes leur reconnaissance d’avoir pu participer au colloque grâce à Babels. Il est donc important de regarder non seulement le montant du budget mais son utilisation. En l’occurrence, la qualité et l’intérêt des interventions étrangères nous ont semblé amplement justifier notre contribution bénévole. Celle-ci a fait l’objet d’un « standing ovation » à la fin du colloque.

Il faut ajouter que le rédacteur de ce compte rendu, comme ses collègues interprètes, a été passionné par le contenu de ce colloque et que la motivation humaine n’étant heureusement pas toujours d’ordre financière, la rétribution du travail effectué au-delà de l’engagement de bénévolat, a été très largement apportée par l’intérêt ressenti et la reconnaissance des participants.

En ce qui concerne la possibilité qu’offre une telle occasion de former les interprètes débutants, il fait d’abord souligner que les frais de déplacement des trois débutants ont été pris en charge. Nous étions tous logés chez l’habitant. Au plan de la formation proprement dite ou plutôt de « l’entraînement » à l’interprétation, Jean, Kirsten et Sylvie ont eu chacun plusieurs occasions de prendre le micro. Ceci s’est fait après qu’ils se soient essayés à l’interprétation hors de la cabine, mais avec la voix des intervenants, en présence d’un interprète confirmé qui les coachait. L’un des trois, multilingue courant, a du convenir qu’il n’était pas fait pour ce travail ; un autre a progressé au fur et à mesure des interventions mais s’est bien rendu compte qu’un exercice régulier devant la radio ou la télévision était indispensable à une mise à niveau ; enfin le troisième à qui l’on a du enlever rapidement le micro avait tendance à estimer que le bénévolat suffisait à le légitimer. L’auditoire a d’ailleurs bien su reconnaître les débutants, et a également compris qu’il fallait leur permettre de commencer à travailler.

Ceci soulève le rôle des interprètes confirmés ainsi que celui du coordinateur. Nous estimons à la lumière de cette expérience, qu’à partir du moment où nous acceptons la responsabilité d’une interprétation dans un colloque international dont l’atteinte des objectifs dépend largement de la qualité de l’interprétation, nous avons une obligation éthique de résultats. Ainsi, le bénévolat peut être synonyme de professionnalisme et ne saurait être de l’à peu près. Il y a des interprètes de métier, bénévoles ou non, et des interprètes dont ce n’est pas l’activité principale. Les deux peuvent néanmoins être qualifiés de professionnels. Les deux peuvent décider si et à quel moment un débutant ou un non confirmé peut prendre le micro. Il s’agit là d’une décision d’interprète et non de coordinateur. Ajoutons que la situation de ce colloque nous semble sur ce qui précède, en partie différente de celle d’un forum européen ou mondial quant aux enjeux de la qualité. Le débat continue…..