Brouillon Rapport FSM Bamako 2006 / Draft Report

Bamako, Mali: 19-23 janvier 2006
Bamako06
moderator
moderator
Posts: 7
Joined: Thu Nov 24, 2005 10:27 am

Brouillon Rapport FSM Bamako 2006 / Draft Report

Postby Bamako06 » Wed Feb 01, 2006 2:11 pm

Ci-après la version 1 du brouillon du rapport issu du projet ALIS et Babels du FSM2006 de Bamako. Merci d'en améliorer le texte et de suggérer tous les changements que vous jugerez opportun.

Date limite: Vendredi 10 février. Ainsi nous pourrons organiser la traduction dans d'autres langues et en assurer la diffusion dans la semaine suivante.

Pour les personnes qui n'ont pas participé à Bamako, merci de nous signaler les points qui vous paraissent peu clairs et qui auraient besoin à votre avis d'être exprimés autrement. Vous pouvez bien entendu directement suggérer des améliorations.

Merci de noter que nous n'avons pas inclu dans ce brouillon les annexes qui y sont mentionées puisque les textes existent déjà.

---------

This is the first Version of the draft report from the Bamako WSF2006 Alis and Babels Project. The draft is in French, common language between the team. It will be translated when the draft is finalize in English and Spanish.

----------

Rapport final – Projet Bamako 2006 – FSM polycentré

Brouillon – Version 1 – 01 février


Ce rapport est le fruit d’un travail collectif issu des différentes réunions qui se sont tenues à Bamako avec l’ensemble des 148 volontaires.

Nouvelles notions et décisions concernant l’ensemble des réseaux Babels et Alis

Vous trouverez plus loin dans ce rapport en détail ces différents points.
- Notion d’interprète bénévole / Notion de volontaires-activistes Babels
- Notion de coordination et de répartition du travail centralisé / Notion de référent et de répartition collective du travail en cellules
- Décision marquant le début du Projet Nairobi 2007 – Forum social mondial

Organisation du rapport
1- Présentation chiffrée et conséquence sur l’organisation
2- Travail avant le Forum
3- Travail durant le Forum
4- Après Bamako vers Nairobi

*************

1- Présentation chiffrée et conséquence sur l’organisation

Le projet Bamako 2006 a réuni 148 volontaires. Ces volontaires provenaient de Bamako (126 personnes), de Dakar (11 personnes), de Nairobi (3 personnes), d’Athènes (3 personnes), de Paris (1 personne), de Lille (1 personne), de Barbazan-Debat (1 personne), de Berlin (1 personne), de Rome (1 personne)

Le FSM était réparti dans l’ensemble de la ville de Bamako et était divisé en 11 lieux. La distance entre les lieux variait grandement, mais entre les extrêmes équivalait à 1 heure de transport. Chacun des lieux était thématiquement spécialisé.

L’interprétation s’est déroulée dans environ 18 salles réparties sur 9 lieux distincts. 3 salles sur trois lieux (Maison de la culture/Espace Femmes – Bibliothèque Nationale/Espace Paysans – Maison des jeunes/Espace Dette, OMC, Commerce équitable) choisis pour des raisons politiques en accord avec le Forum social africain et le Comité d’organisation de Bamako2006 ont bénéficié à la fois de l’équipement FM d’ALIS et des ordinateurs Babels pour l’archivage des conférences. L’équipement disponible dans l’ensemble des autres salles et des autres lieux a été amené par Babels. L’exception était le Palais des Congrès où se déroulaient les thèmes Migrations et Coopération où deux salles étaient équipées de façon standard. Le matériel amené par Babels était constitué par des « machines à chuchotage », de petits boitiers fonctionnant à piles. Ils sont munis d’un micro et d’écouteurs reliés par des fils, très faciles à déplacer et pouvant se mettre en place en place en quelques minutes seulement.

Le programme tel que constitué par le Comité d’organisation de Bamako 2006 prévoyait, lui, de l’équipement dans quasiment l’ensemble de la cinquantaine de salles prévues. Pour couvrir les besoins exprimés en langues dans les ateliers et conférences, cela nécessitait, quelque soit le nombre de salles, environ 300 volontaires. Nous savions depuis le début qu’existerait un différentiel entre les besoins et les moyens, sans toutefois en avoir une idée précise avant d’avoir été sur place. Dès l’arrivée quelques 4 jours avant l’ouverture du Forum pour les plus expérimentés d’entre nous, nous avons donc décidé collectivement de partir de nos moyens humains et matériels et nons des besoins du programme. Cela nous permettait de nous concentrer afin d’offrir à la fois une réelle présence de l’interprétation là où nous pouvions être et la meilleure qualité possible sans agir en fonction de là où nous devions être et donc en résistant aux pressions éventuelles. En arrivant, en lien avec le Forum social africain et le Comité d’organisation de Bamako2006, nous avons identifié 14 conférences politiquement centrales pour le Forum, réparties sur différents sites et à différentes dates qu’il nous semblait indispensable de couvrir, puis avons fait en fonction des moyens pour le reste.

La différence moyen/besoin a évidemment pesé sur l’ensemble des volontaires présents et qui acceptaient une charge de travail extrêmement importante et sans commune mesure avec des conditions de travail normales. Ceci a donné lieu à des moments de bravoure très réels et très remarqués par les organisations à l’origine des événements et les participants aux événements un peu partout. Les participant-e-s du Forum sont souvent venus nous voir après coup, nous inviter aux différents diners et moments de convivialité de leurs organisations ou réseaux, nous féliciter, etc.

Grâce à cette mobilisation nous avons pu mettre en place un peu partout l’Anglais, le Bambara et le Français, et en fonction des besoins de l’Espagnol, le Portugais et le Kiswahili. Nous avons pu encore une fois vérifier l’importance pratique des langues locales pour la pleine participation des audiences et des intervenants, même si celles-ci sont souvent minorées dans un contexte normal par la présence d’une langue véhiculaire, en général d’origine coloniale, désignée parfois à tort comme langue internationale pour au moins la compréhension passive. Le Forum, le premier FSM sur le continent africain, a réuni environ 10 000 personnes ce qui en fait un succès numérique compte tenu des difficultés de transport, du coût important des déplacements dans le continent lui-même, et du manque de moyens collectifs et dans chacune des organisations. Des délégations étaient présentes d’un peu partout d’Afrique du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, mais aussi d’Europe, d’Asie (Inde en particulier) et des Amériques (Brésil et USA en particulier).

2- Travail avant le Forum

Une première équipe est arrivée le 14 janvier (le Forum débutait le 20 janvier pour les conférences – 19 janvier ouverture officielle – et finissait le 23 janvier). La préparation et le début du projet ont débuté le 19 Novembre, date de la première réunion de volontaires à Dakar (Sénégal).

A – Voyages

La liste des billets de l’équipe avait été constituée dès la fin décembre. Cependant les billets ont été pris que le 11 janvier. Malgré le fait que la plupart d’entre nous avions réservé des billets afin de bloquer des places auprès des compagnies aériennes, nous avions décidé de n’en prendre aucun avant que l’ensemble des billets se prenne. L’objectif était de ne pas nous retrouver avec une équipe encore plus réduite sur place, de ne pas nous retrouver dans une situation où Babels aurait été présent alors que dans les faits Babels n’était pas présent pour assurer ce à quoi nous nous engagions.

Explication de la situation. L’achat tardif des billets n’était pas dû à un manque de bonne volonté ni de compétences, mais à une situation que nous retrouvons dans tous les Forums, un manque de trésorerie. Dans le cas de Bamako ceci a été largement aggravé par le fait que les demandes de financement auprès d’ONG ou de fondations qui permettent de construire le budget du FSM ont reçu une réponse très tardive (en fait le 10 janvier, veille de l’achat des billets) laissant les organisateurs dans l’impossibilité de s’engager clairement auprès de nous. Les billets ont donc encore une fois été payés plus chers qu’ils ne le devaient.

Suggestions. Ce problème de trésorerie est maintenant clairement identifié Il faudrait de fait pour éviter les dépenses inutiles voire les déconvenues en bout de course, pouvoir payer les billets 90-60 jours avant le Forum. Il est inhérent à l’organisation des Forums. Cependant à notre avis il pourrait être mieux géré. Voici quelques pistes qui n’ont pas encore été explorées :
- Très en amont du Forum faire une véritable campagne d’inscription des participants au Forum avec paiement en ligne permettant ainsi de générer une trésorerie. Cette campagne doit être menée de la même manière qu’une campagne d’opinion en expliquant de manière concrète les besoins tels que les nôtres ce qui permettrait d’être totalement transparent quant à l’utilisation et la situation de cette levée de fonds.
- Demander auprès des organisations participantes ou d’institutions financières de l’économie sociale et solidaire des prêts à taux 0 permettant donc de générer la trésorerie nécessaire.

B- Situation sur place

A partir du 14 janvier, nous avons trouvé une situation sur place qui nous a choqué et qui a eu des conséquences sérieuses dans l’organisation du Forum. Nous avons appris que le Comité d’organisation Bamako2006 (CO) avait engagé des interprètes rémunérés qui devaient travailler sur le Forum. Nous avons, bien entendu, rencontré et discuté avec la personne en charge de ce dossier, M Mamadou Goita, qui lui-même l’avait repris la semaine précédente à cause d’un défaut d’organisation de la part du CO.

Nous avons appris le 15 janvier
- Les premières finances du CO remontaient seulement à la date du 1 décembre.
- Les deux « Bureaux de traduction » de Bamako sont les seuls à détenir l’équipement et l’accès aux interprètes. Ils avaient promis d’offrir gratuitement les équipements contre l’engagement des interprètes.
- La rapidité entre la mise en place du projet Babels-ALIS et celle effective du CO a occasionné des actions et décisions croisées, sans qu’il y ait sans une nécessaire coordination entre nous tous.

Nous avons décidé
- Le soir même d’envoyer à celles et ceux qui n’avaient pas pris leur vol, de les informer de la situation, et de les laisser libre de choisir pour eux-mêmes s’ils souhaitaient venir ou non (mail du 16/01 à 02h00 du matin – voir Annexe de ce rapport). Suite à cette nouvelle, deux personnes ont décidé de ne pas venir à Bamako.
- De préparer dans tous les lieux du Forum une déclaration exprimant notre sentiment face à cette erreur, tout en renouvelant l’expression du souhait de faire de Bamako un succès permettant ainsi d’enclencher une réelle dynamique africaine vers le FSM07 de Nairobi, déclaration que nous faisions au début de chaque conférence ou que nous avons affichée (voir Annexe de ce rapport)
- De répartir le matériel disponible (7 salles avec 3 cabines pour un Bureau de traduction et 5 salles avec 3 cabines pour un autre Bureau de traduction) sur l’ensemble du Territoire social du Forum, mais de ne pas mettre les pieds dans deux espaces quelle qu’en soit la raison, que nous avions dédiés en fonction du nombre de cabines qui devaient être installés, aux interprètes rémunérés : le CRES/Luttes sociales et le Mémorial Modibo Keïta/Les Alternatives.

Les résultats
- Aucune des salles des 9 espaces dont nous nous sommes occupés ont bénéficié d’équipements de la part des Bureaux de traduction.
- Dans les deux espaces CRES et Mémorial il semblerait qu’il y ait eu très peu d’équipements (1 salle ou deux seulement) et qu’une équipe bien plus réduite que les 30 interprètes rémunérés prévus ait travaillé de temps en temps seulement.
- L’ensemble des participants du Forum ont pu prendre connaissance de la situation et nous avons reçu leur soutien actif (voire très actif) ou passif, ceci comprenant aussi des membres du CO et du CO de Nairobi.

C- Le programme

Le programme du FSM n’a pas été finalisé avant le 16 janvier. De gros changements se sont opérés durant toute la durée de finalisation. Nous avons alors dû le traduire intégralement en anglais et en espagnol durant la nuit du 16 et la journée du 17. Cet effort a mobilisé plusieurs d’entre nous.

Comme pour les autres Forums, le programme final s’est avéré pour partie faux : changement d’intervenants, langues annoncées par les promoteurs de la conférence différentes de celles effectivement utilisées durant la conférence, événements annulés ou déplacés à la dernière minute, absence parfois des intervenants et promoteurs de l’événement. Dans ce dernier cas, comme à Porto Alegre l’année dernière, les interprètes se sont retrouvés à animer des débats c'est-à-dire à faciliter la prise de parole du public autour du thème de la conférence, posant les interprètes volontaires de Babels aussi comme facilitateurs linguistiques et non seulement comme interprète de conférence.

Suggestions. Il devrait être possible avant de partir sur place de mobiliser une petite équipe de Transtrad de traducteurs-trices très expérimenté-e-s qui pourraient s’engager réellement à distance et très rapidement de traduire le programme d’un FS. Ceci éviterait de bloquer sur ces tâches des personnes qui par ailleurs ont besoin sur place de régler et gérer d’autres problèmes.

D – Les volontaires de Bamako

Le 14 janvier, premier jour sur place, alors que nous avions commencé un tour des différents sites du FSM, nous avons eu la chance de rencontrer un groupe d’étudiants de l’ENA (Ecole Nationale d’Administration) de Bamako qui se sont tout de suite portés volontaires pour aider et contribuer au succès des deux projets Babels et Alis. Nous avons alors commencé tout de suite une série de réunions, plusieurs campagnes d’affichage dans toute la ville et deux journées intensives de « SitPrep » et d’entrainements divers.

Une équipe de 127 personnes a pu être dégagé dont une trentaine sur la gestion de l’équipement ALIS et des archivages des conférences. Cette équipe s’est avérée très efficace et la rencontre fortuite s’est métamorphosée en réels projets. Deux réunions, dont une après le Forum le 23 janvier, ont permis de faire débuter une dynamique Babels et une dynamique ALIS à Bamako.

E- La logistique

Toutes les personnes qui n’habitaient pas déjà Bamako ont pu être logées dans le même hotel. Quelques uns d’entre nous se sont mobilisés auprès du Secrétariat d’organisation afin de pouvoir obtenir pour tous les volontaires (inclus ceux de Bamako) le même per-diem par repas, l’achat de l’eau, le remboursement de différents frais en particulier les communications téléphoniques sur place. Dans l’ensemble, malgré le temps nécessaire et l’énergie dépensée par les personnes qui se sont responsabilisées sur cette question, cet aspect du projet s’est déroulé de bonne manière.

F- La planification

Cet aspect du projet a fait l’objet d’une innovation que nous souhaitons partager avec l’ensemble du réseau. Les personnes qui se sont mobilisées sur cette question avaient déjà effectué la planification de Porto Alegre et avait donc vécu l’échec de la méthode employé alors, méthode qui était la reproduction des méthodes utilisées un peu partout avec plus ou moins de succès et toujours beaucoup de souffrances dans les projets Babels précédents.

La planification pour Bamako est partie à la fois des souhaits des volontaires et des besoins du programme. Chaque personne a pu exprimer ses préférences et/ou choisir le thème sur lequel il/elle allait travailler. Ces préférences ont été respectées dans la mesure du possible. Il y a eu donc une répartition des volontaires pour les langues majoritaires et pivots sur l’ensemble des lieux. Chaque lieu disposait ainsi d’une équipe composée d’un-e Référent-e et de volontaires. La planification s’est dont arrêtée au moment de mettre des noms sur des créneaux horaires. Pour les quelques personnes qui correspondaient à des langues plus rares dans le Forum, ils ont été ajoutés aux Cellules dans lesquelles il y avait besoin d’eux le plus souvent. Dans un autre cadre ces personnes auraient, elles, pu recevoir un planning plus détaillé sur l’ensemble du Forum.

Le/La Référent-e est obligatoirement un-e interprète confirmée et expérimentée dans les Forums. Sa tâche est de coordonner une équipe sur une salle ou un lieu dont les salles se jouxtent durant toute la journée et toute la durée du Forum. Les Référents partagent un annuaire et sont toutes et tous joignables par téléphone. Ils/Elles se réunissent en fin de journée.

La veille du Forum chaque équipe a tenu une réunion animée par le/la Référent-e sur le lieu de travail. C’est alors, avec le programme du lieu sur la durée du Forum que la répartition du travail s’est effectuée en fonction des besoins et des envies des interprètes, en même temps que les différentes responsabilités à assumer durant le Forum en dehors de la traduction (pour nous l’équipement à amener, l’eau à distribuer, etc.).

Durant le Forum toutes les personnes ont donc fait de l’interprétation et sont donc entrées en cabines, ou on fait du chuchotage, dans la situation de Bamako quel que soit les autres responsabilités prises en dehors de la traduction, avec souvent la même charge de travail de cabines (dans un autre cadre on pourrait imaginer si possible une charge de travail un peu allégé).

L’absence de centralisation de la planification s’est avérée particulièrement efficace et a permis notamment que tous les ajustements se fassent dans le respect de chaque personne et des réalités sur place. Le fait que les Référent-e-s soient aussi des interprètes durant le Forum a permis très nettement d’améliorer la qualité des relations humaines entre les personnes, de gérer les différentes situations avec une efficacité accrue et de procéder à la répartition du travail de manière particulièrement efficace. Le petit nombre de référents permet aussi une très grande coordination directe entre les lieux et a permis de nombreuses fois de résoudre des situations humaines ou techniques rapidement. Les Référent-e-s maitrisent à la fois tous les problèmes de langues et de l’organisation des cabines et le contexte particulier d’un Forum social, ils animent donc directement la planification de leur équipe le jour avant ainsi que le suivi et ajustement durant le Forum avec les membres de l’équipe. Cela permet aussi une bonne coordination de l’ensemble des équipes durant le Forum sans nécessiter d’autres personnes.

Cette méthode de planification complètement décentralisée, peu gourmande en temps et en moyens, a permis pour la première fois de savoir avec exactitude qui était là et où, de tenir compte de la souplesse nécessaire en fonction de tous les cas particuliers et de responsabiliser l’ensemble des personnes au même niveau autour de la bonne marche d’une équipe (d’un lieu) durant tout le Forum. Nous pensons que cette méthode n’est pas étrangère au succès rencontré à Bamako et au sentiment d’appartenir solidairement à une équipe pour chacune des personnes volontaires.

3- Travail durant le Forum

Nous n’allons pas revenir sur le caractère particulier de ce Forum dont le manque de moyens humains et techniques a été l’occasion de prouesses diverses. Néanmoins au cours du travail pour le FSM nous avons pu mettre le doigt sur un problème récurrent dans les différents projets Babels jusqu’à ce jour.

A- Bénévole ou Volontaire-Activiste ?

Babels se définit comme réseau d’interprètes et de traducteurs volontaires sans jamais avoir explicité clairement en quoi, au moins durant un FS même, il n’est pas un réseau d’interprètes bénévoles dans le sens classique du terme. Bamako2006 aura permis au moins de pointer du doigt certains éléments de réponses qui peuvent être autant de jalons pour une activité durant les Rencontres Internationales initiées par Babels (du 3 au 5 juin 2006 - http://www.babels.org/r72.html) vers un protocole plus précis qui permettrait à quiconque de mieux se situer et donc d’éviter les ambiguités.

Ce qui se dégage des différentes discussions, est le besoin de l’individu d’accepter les règles collectives de la situation particulière d’un Forum (quelles qu’elles soient). Par ailleurs, ces contraintes placent les intervenants et les interprètes dans la même situation par rapport à l’événement. Ainsi les règles du métier d’interprètes de conférence, comme celles de professeurs ou d’experts faisant une intervention publique ou d’employés d’une organisation quelconque, sont battues en brèche par l’intensité des différents événements du Forum. Un Forum social est une fois pour tout, un lieu désorganisé par sa nature intrinsèque. C’est un lieu qui demande tant de la part des intervenants que des interprètes, un degré d’adaptation élevé. Du reste toutes les définitions du lieu « Forum social » renvoient à des notions contradictoires au niveau d’une salle : lieu de conférences et de débats, lieu de rencontres et de confrontations, lieu d’analyse et d’émergence d’alternatives etc. Les formats, l’imbrication et la durée des séances se trouvent donc soumis à des contraintes particulières qui s’expriment que très rarement en termes de « conférences » au sens strict du terme.

Tout comme les intervenants, les interprètes ont donc besoin durant le Forum lui-même d’être des volontaires et réelles parties prenantes.

Ceci pose autrement la question de l’interprète bénévole dont la référence serait celle du travail d’interprétation dans les conditions « professionnelles » habituelles, et qui peut se sentir mal à l’aise dans le cadre d’un Forum, car ce qu’il/elle est prêt à offrir se trouve en décalage avec la nature même de l’événement. Ainsi se créent des tensions et des dysfonctionnements au sein des équipes. Il serait bon de repenser la présence dans un projet de celles et ceux qui souhaitent être des interprètes bénévoles afin de chercher les complémentarités entre les deux modes d’engagement et de participation.

B- Une responsabilité d’équipe

Comme nous avons vu concernant la planification, la présence d’interprètes dans une salle avec tout ce qu’elle requiert, des langues à la logistique, est avant tout une responsabilité de l’équipe. Encore une fois Bamako a vécu les mêmes difficultés que les autres Forums. Nous les avons résolues en mettant en avant un réel dialogue entre les personnes impliquées et une prise en compte de ce que chacun était réellement prêt à faire. Il faut une fois encore insister sur le point que les Référents sont des personnes qui travaillent comme tout le monde en cabines durant l’événement et que c’est avec l’équipe des cabines d’une salle ou d’un lieu, et une coordination entre les Référents que nous pouvons ensemble, dans le respect de chacun, arriver à résoudre les problèmes. L’avantage principal de cette méthode c’est que chaque personne humaine est toujours au centre de la résolution du problème et que nous évitons les distorsions naturelles dues à l’activité de personnes qui de fait ne partagent pas la même situation de travail durant le Forum.

Toutes les décisions prises, tous les problèmes résolus, ont pu l’être rapidement et de manière très efficace car toutes les personnes qui participaient à la prise de décision ou à la résolution du problème étaient les mêmes exactement qui affrontaient la situation ensemble. Que ce soit une salle dans les autres projets Babels ou que ce soit un lieu à Bamako cela représente une petite dizaine de personnes qui finissent par se connaître et apprendre à se respecter et à travailler ensemble, donc à optimiser les capacités et compétences de chacun. Cette équipe finit du reste aussi par être facilement identifiée par les personnes, les intervenants ou les organisations car en général sur la durée d’un Forum les personnes intéressées par tel ou tel sujet viennent au moins deux ou trois fois dans le même lieu. Ces deux phénomènes permettent d’augmenter l’interaction de chacun et la reconnaissance de tout le monde et de son activité spécifique durant le Forum. En un mot cela augmente la qualité globale de l’interprétation.

En termes de théorisation et de méthodologie, il s’agit effectivement d’une application fondamentale de la gestion de projet basée sur une approche d’autogestion. Les responsabilités de chacun sont claires. Les rôles de chacun sont identifiés et fondés sur l’expression démocratique des volontés, sans pour autant exclure une possibilité de mettre en place une capacité décisionnelle réelle et rapide.

4- Après Bamako vers Nairobi

Outre l’intégration dans l’équipe de trois volontaires de Nairobi choisis en concertation avec le CO de Nairobi, nous avons, à trois reprises rencontré certains de ses membres. Ces discussions exploratoires nous ont permis de présenter les projets Babels et ALIS ainsi que certaines des réalités et des contraintes de l’interprétation d’un Forum social.

Bien entendu aucune décision n’a été formellement prise à Bamako puisque tout le CO de Nairobi doit être consulté. Par contre Babels et ALIS ont été invités à participer au Conseil international qui devrait se dérouler à Nairobi le 18 mars pour interpréter la réunion et pour installer l’équipement (même si, en tant que membres du CI nous n’avons pas besoin d’invitation pour participer à la réunion).

Nous avons donc décidé de tenter grâce à cette échéance à court terme de monter une équipe d’une dizaine de personnes de Nairobi même. Contacts : Kathie katekape@yahoo.com ou Mossala mufum2001@yahoo.fr (+254-722925020) ou Asha ashdarl@voila.fr

Nous avons aussi convenu de faire de notre possible pour essayer d’y organiser une réunion de préparation autour de la mobilisation africaine avec au moins une personne de Dakar et une de Bamako.

Les premières discussions ont fait déjà apparaître plusieurs faits :
- Les plus gros poles de mobilisation (en nombre d’interprètes) doivent être Nairobi et Arusha (les transports à l’intérieur du continent africain sont extrêmement coûteux, ce qui renforce encore plus la nécessité absolue de trouver au moins la moitié des volontaires pour le FSM dans ses deux villes).
- Les langues africaines dont il a été question sont déjà extrêmement nombreuses : elles comprennent bien entendu l’Arabe et le Kiswahili mais aussi le Massai, le Kikuyu, le Luo, le Somalien, le Lingala, le Kirundi, etc. (la liste n’est largement pas définitive et doit fait l’objet de discussions durant le CI). Ces langues correspondent au travail politique du FSM dans cette région. Nous sommes donc tombés d’accord pour que la présence de ces langues soit assurée que le travail d’identification des volontaires allait se faire en complète collaboration avec les organisations impliquées.
- Les premières estimations (qui sont une base virtuelle pour le moment) seront faites autour d’un format standard de Forum social soit 30 salles/3-4 cabines soit autour de 500 interprètes ou un volume budgétaire autour de 150,000 euros (qui n’est qu’une indication exploratoire).
- Nous devons établir une négociation entre le CO d’Athènes et le CO de Nairobi autour de la question des équipements.
- Nous allons identifier deux personnes pour Babels et Alis qui pourraient venir pour le FSE un mois avant, afin de participer pleinement à l’organisation de l’événement et donc prendre l’expérience directement.

gregoire
.
.
Posts: 60
Joined: Thu Mar 11, 2004 12:03 pm
Location: Lille - North of France
Contact:

Petits ajouts concernant la logistique

Postby gregoire » Wed Feb 01, 2006 10:26 pm

E- La logistique

Toutes les personnes qui n’habitaient pas déjà Bamako ont pu être logées dans le même hotel. Quelques uns d’entre nous se sont mobilisés auprès du Secrétariat d’organisation afin de pouvoir obtenir pour tous les volontaires (inclus ceux de Bamako) le même per-diem par repas, l’achat de l’eau, le remboursement de différents frais en particulier les communications téléphoniques sur place que les autres participants officiels.

Cette phase a demandé plusieurs concertations avec le comité organisateur (à caser dans un calendrier de préparation déjà serré, par des personnes qui étaient également des interprètes). La négociation était rendue difficile par son côté tardif, à deux jours du début du forum et le fait que l'essentiel de la trésorerie du FSM provenait du versement des frais d'inscription du public. Chaque poste a donc été versé en plusieurs étapes (parfois dans des monnaies différentes), au gré des rentrées d'argent et il a fallu tenir une comptabilité détaillée afin de justifier des sommes versées auprès du comptable du CO-FSM et s'y retrouver dans les divers versements.

Dans l’ensemble, malgré le temps nécessaire et l’énergie dépensée par les personnes qui se sont responsabilisées sur cette question, cet aspect du projet s’est déroulé de bonne manière.

REMARQUE PERSO (grégoire) : si le versement d'un "per-diem", non prévu au départ a été une surprise agréable, il a malheureusement aussi eu pour effet de recréer un début de situation "professionnelle normale" (je suis un professionnel, je viens travailler, on me paye pour mon travail, un point c'est tout) qui a brouillé les limites entre bénévolat et volontariat. Le "per diem" a été perçu soudain comme un "du", une rémunération pour notre travail et non comme une compensation. D'où des discussions financières portées par des reflexes de notre univers professionnel, qui n'avaient aucune relation avec la réalité du FSM.

Par ailleurs à partir du moment où les interprètes bénévoles non-maliens étaient logés, transportés et fournis en bouteilles d'eau par le Comité organisateur, la différence de traitement avec les interprètes bénévoles maliens ne se justifiait pas. A l'avenir, si per-diem il y a, ce doit être le même pour tout le monde, local ou non-local. Travail égal, per-diem égal. De nombreux interprètes non-maliens ont d'ailleurs partagé leur per-diem avec leur équipe, notamment pour l'achat de repas sur place, de carburant pour les déplacements en moto ou de cartes téléphone... les frais de transport engloutissant la majeure partie du faible per-diem des interprètes et techniciens maliens (2000 CFA pour un trajet en taxi, soit 4000 CFA par jour, sur 5000 CFA de per diem)

gregoire
.
.
Posts: 60
Joined: Thu Mar 11, 2004 12:03 pm
Location: Lille - North of France
Contact:

Bénévole et volontaire

Postby gregoire » Wed Feb 01, 2006 10:40 pm

>Tout comme les intervenants, les interprètes ont donc besoin
>durant le Forum lui-même d’être des volontaires
>et réelles parties prenantes.

En même temps, comme cela a été dit lors d'une réunion à Bamako, on ne peut pas demander à un bénévole d'être volontaire sans l'avoir prévenu avant son départ.

IL FAUT DONC QUE CET ASPECT INTRINSEQUE D'UN FORUM SOIT CLAIREMENT PRECISE LORS DE L'APPEL A VOLONTAIRES. Il faut clairement dire "cela va être le bordel, il va falloir improviser, ce ne seront pas des conditions de travail comme vous en avez l'habitude... si ce n'est pas votre façon de travailler, alors ne venez pas."

Ajout ultérieur : Je propose qu'on précise quelque part que chez Babels il n'y a pas de distinction entre "nous les interprètes Babels" et "vous les organisateurs Babels".

Tout le monde est Babelista, tout le monde se prend en main et donne du sien pour faire réussir l'événement - même si cela implique faire des choses qui ne sont pas "normales" dans son travail habituel (parcourir le bazar de Bamako pour aller négocier l'achat de petites radios FM, aller négocier un budget avec le comité organisateur, prendre en charge la planification d'un lieu, coordonner les billets d'avion... etc .etc.)

Il n'y a pas de "bureau Babels" qui se charge de la logistique, pas de postes assignés d'avance, chacun est partie prenante. Il n'y a pas de "interprètes purs" qui ne viennent "que pour faire leur travail" et exigent de la part des "organisateurs Babels" que ceux-ci leur fournissent des conditions "normales" de travail. Les conditions sont ce que les Babelistas réussissent à en faire, compte tenu de la réalité locale.



Last edited by gregoire on Fri Feb 03, 2006 1:16 pm, edited 1 time in total.

j.f.k.
.
.
Posts: 19
Joined: Fri Jan 20, 2006 10:00 am

Re: Bénévole et volontaire

Postby j.f.k. » Thu Feb 02, 2006 12:40 pm

FR

gregoire wrote:En même temps, comme cela a été dit lors d'une réunion à Bamako, on ne peut pas demander à un bénévole d'être volontaire sans l'avoir prévenu avant son départ.

IL FAUT DONC QUE CET ASPECT INTRINSEQUE D'UN FORUM SOIT CLAIREMENT PRECISE LORS DE L'APPEL A VOLONTAIRES. Il faut clairement dire "cela va être le bordel, il va falloir improviser, ce ne seront pas des conditions de travail comme vous en avez l'habitude... si ce n'est pas votre façon de travailler, alors ne venez pas."


J'ignorais que ceci était la politique de Babels. Peut-être faudrait-il en discuter ensemble avant? Et peut-être serait-il nécessaire, aussi, de définir ce qu'on entend par les termes "bénévole" et "volontaire" (la traduc vers l'anglais m'a posé une colle pour ça)?

Des fois que la majorité des membres de babels souhaiteraient travailler dans des conditions moins "bordéliques", est-ce qu'on dirait aux "bordélistes" de rester chez eux?

EN (my translation, not approved by Grégoire)
gregoire wrote:Then again, as was said during a meeting in Bamako, we can't ask a *person working for free* to be a volunteer without having warned him or her before they arrive.

THIS INHERENT PART OF FORUMS MUST BE CLEALY SPELT OUT DURING THE CALL FOR VOLUNTEERS. We must say clearly that "it's going to be chaos (approximative translation from French :-D ), we'll have to improvise, these are not working conditions as you are used to them... if it not your way of working, then don't come."


I did not know that this was Babels policy. Maybe we should talk it over together first? And maybe we ought to clarify the difference between the French "bénévole" (who works for free) and "volontaire" (who is a volonteer).

And just in case the majority of the members of babels does not want to work in chaos, whould those who accept the chaos then be asked to stay a home?

gregoire
.
.
Posts: 60
Joined: Thu Mar 11, 2004 12:03 pm
Location: Lille - North of France
Contact:

bénévole et volontaire (pro-bono work and volunteer work)

Postby gregoire » Thu Feb 02, 2006 1:03 pm

I would translate "benevole" as "pro-bono" and "volontaire" as "volunteer".

There is an attempt in the brief (an english translation should be under way soon) to define the difference between someone who is willing to do "pro-bono" work (i.e. unpaid work in his usual work conditions) and a volunteer who also does pro-bono work but who does not insist that his work conditions be the same as the ones he is used to.

If some babelistas do not want to work in "bordelique" conditions (I know a bunch of babelistas and most of them are perfectly aware that 'normal' is not a word that applies to the SF circus), then they are opting out by themselves of the social forums.

There is no comparison possible between the work conditions I am used to as a professional conference interpreter and those of a Social Forum where usually nothing is really organized.

Where I work, there are over 20 full-time employees assigned to the planning of interpretation booths and the comfort of interpreters. We truely have nothing much more to do than to get to work, sit down and turn on our mike...

At the Social Forums, we are lucky if somebody in the organization committee has agreed to take on the extra charge (in an already overbooked schedule) of taking care of the interpretation issue. And we are even more lucky if a local team of volunteers has met beforehand to organize interpretation, booth planning, accommodation... etc. Very often those issues are tackled in the few weeks (if not days) before the start of the forum.

And even when both these conditions are met, there are financial limitations, lack of expertise in handling such big events, oversights, people who fall asleep at the switch because they are doing this after work, for free... all of that contributes to the "bordel".

What do we do ? Say "this is not the way I work, I'm not going ?" - Everyone is free to give that answer, it is perfectly legitimate.

But if you are forewarned and go there knowing that you will have to do more than just pick up your schedule, find your booth and switch on your mike, then you are what I call a "volunteer".

gregoire
.
.
Posts: 60
Joined: Thu Mar 11, 2004 12:03 pm
Location: Lille - North of France
Contact:

Using pseudos and empty profiles

Postby gregoire » Thu Feb 02, 2006 1:09 pm

Oh, and while we are at it...

I always feel very akward discussing issues online with an empty facemask. Is there any reason why you (j.f.K.) need to remain anonymous ? It's not like we're discussing national security here.

The very least you could do would be to provide us with a name and some geographic location... you know, the polite things humans do when joining a group "hello, my name is... and I am from...."

That would be really nice of you. Cheers.

j.f.k.
.
.
Posts: 19
Joined: Fri Jan 20, 2006 10:00 am

Postby j.f.k. » Thu Feb 02, 2006 2:18 pm

Hello,

Yes, good suggestion for the translation, I'll use it from now on.

I find the issue with the "bordélique" nature of the organisation is "are we willing to follow the chaos or will be try to be organised inside it?" I do know quite well what the nature of SFs is and I feel very strongly about chaos being used (by the organisers) as excuses in order to avoid accountability.

Then again, regardless of the reasons, we Babels can be organised amidst the storm at least knowing where we stand. This would, in my opinion, also serve to decrease our dependancy on the organisers. There are numerous concrete possibilities: saying that we will prepare x teams and that they will need to be notified x minutes before the start of a conference or there will be no interpretation (x minutes could be the time it would take to get there + 5 minutes to check booths, water, etc).

But I believe that before talking about answers, we must see if we want to provide answers. I know I do, but I don't know what anyone else wants. Does this make sense to you? (Or to anyone else?)

And yes, regarding the "faceless mask", yes, there is a reason. I believe very strongly that when we exchange ideas, it is the ideas that count and nothing else, that means that the person arguing the ideas does not count either. When one knows who says what, it is easy for things to become personnal and, having experienced that and witnessed it, I do not wish for it to happen again.

Though I have tried very hard to express myself clearly, I can not be sure that everyone who reads me will read me in the same way were I to be 18 or 50, a man or a woman, a member of aiic or not, French or Brazilian, a Jew or an Arab, an ex member of attac or a newcomer to the movement. I have found that it is often the person who says something that counts more than what he (or she) says. Alas!

But you'll probably recognise my ideas, opinions and suggestions when (if?) we meet. And really, who I am does not matter that much, I really am not that interesting :-)

jfk

ljesover
.
.
Posts: 173
Joined: Thu Nov 20, 2003 9:36 am
Location: France

Postby ljesover » Thu Feb 02, 2006 5:42 pm

Just a quick remark on what I just read. It seems that we are not talking about the same thing. And I agree with Gregoire, your message change totally depending on your location, your sorry, no, your experience and so on. But that is not what I want to say. Basically what you are saying is that a Social Forum is just some conference where the speakers are just another talking egomaniac with no consideration for the poor workers. Well that is not what I experienced. In Bamako where I worked a lot, like all, in fact I did so along with speakers and "organizers" which were living the same constraints as I was. These constraints are not generate by lack of consideration or competence. Reality is often much more complex that what is infered in the efficiency of using a threat. At least in Bamako we realized that we have to be clear now and with all people willing to come (but not knowing or imagining something different that what will be the reality).

If you are not happy and cannot cope, with a Program with a lot of last minute change and cancellation (and I have done 7 Social Forum in many different regions), maybe you are not really wanting to be a volunteer during an SF. It is fine. Why not, there is many other ways even to help before and participate. And I do not thing while that the "do this or I pull the plug" is fair especially to organizers which is in fact "you", "us"... The plug even might be the work of another volunteer...
Last edited by ljesover on Sat Feb 04, 2006 7:16 am, edited 1 time in total.

j.f.k.
.
.
Posts: 19
Joined: Fri Jan 20, 2006 10:00 am

Postby j.f.k. » Thu Feb 02, 2006 6:07 pm

Hello Laurent,

I would suggest that the question that I had wanted to raise of "do we want to get more organised or are we happy with things as they are?" be dealt with after some meeting were we (meaning anyone who is interested) can talk face to face and define certain issues. I think that before the foundations are discussed, we'll only go around in circles.

And yes, I am touchy on the topic of "this is how we do things here, if you don't like it, too bad", as I have seen people to whom that sentence was directed give up and leave. But that refers to the question of just how horizontal or democratic an organisation is and the criteria for becoming a member and I do not think that the internet is an appropriate place to discuss such issues.

Just out if interest, here's the message I was writing as this occured to me.

Hi Laurent,

No, sorry, it seems that I didn't express myself well. I did not mean to say that the organisers try on purpose to creat disorganisation, but I meant to raise the question of "do we want to try to have more organisation or are we happy with things as they are?" before actually making suggestions.

What I think of the organisers is, therefore, irrelevant. I never mentionned the speakers, didn't mention any egomaniacs and didn't defend a "pull the plug" solution. I suggested that it would be a possibility should we decide to try to get organised.

So, to avoid putting the "charue avant les boeufs", we should find out how happy people are with things as they have been, find out how happy people are willing to be and find out if anyone is really interested in finding out these things and, maybe, doing something about it. If either no one cares, or the majority is happy, that's fine, I won't waste anyone's time making suggestions no one wants to hear :-)

gregoire
.
.
Posts: 60
Joined: Thu Mar 11, 2004 12:03 pm
Location: Lille - North of France
Contact:

more on "we", "us" and the whole forum c

Postby gregoire » Thu Feb 02, 2006 8:16 pm

j.f.k. wrote:I find the issue with the "bordélique" nature of the organisation is "are we willing to follow the chaos or will be try to be organised inside it?" I do know quite well what the nature of SFs is and I feel very strongly about chaos being used (by the organisers) as excuses in order to avoid accountability.

Then again, regardless of the reasons, we Babels can be organised amidst the storm at least knowing where we stand. This would, in my opinion, also serve to decrease our dependancy on the organisers. There are numerous concrete possibilities: saying that we will prepare x teams and that they will need to be notified x minutes before the start of a conference or there will be no interpretation (x minutes could be the time it would take to get there + 5 minutes to check booths, water, etc).
jfk



Dear JFK,
that is one reason why I don't like to speak to anonymous sock puppets, I don't know where you are talking from regarding expertise in social forums.

It is very unfair to speak of "excuses in order to avoid accountability" considering the enormous amount of work put into the preparation of a social forum by the local committees. You are judging this from your "western, efficient" corner, but by doing so you are applying a standard that is out of touch with the reality of the forums.

I think you are missing the point if you see this as being an issue of "this is how we do things here, if you don't like it, too bad", IT IS EXACTLY THE OTHER WAY ROUND. We always had more problems with "professionals" coming to social forums and saying "if I can't have things they way I am used to having them, then I will refuse to work"... I had my share of interpreter divas in Paris, Mumbay and POA.

What I want to be stated is "things are NOT going to be like you are used to having them, you may be asked to do things you don't usually do in your work as an interpreter (like schlepping a carton of water bottles to your assigned workplace or whizzing around town to find a supplier for FM radios and negociate the price with him in the local rowdy bazaar). If you are unwilling to do this, don't apply."

There is NO "we at babels can organize" during a social forum, the only time in your life you will have some kind of leveraging power over what is going on is the day you will be part of the organizing committee of a forum that is being held in your country.

In all other cases (99%) you have to work very closely with the OC from country hosting the FS... and if you are lucky that cooperation is early and rewarding... (and you realize quickly that financial problems are behind most of the "abnormal situations", not lack of human dedication and slack work). You can manage to extract some means, funds and lattitude to organize work, but that is not granted, you have to go and get it. You can't just step of the plane and expect everything to be ready for you.

There is no "we the Babels interpreters" and "you the Babels organizers", we are all interpreters, all Babelistas and all responsible for making interpretation possible.

But, WE ARE NOT delivering a "Translation solution in a box" that arrives ready to set up, is unloaded from the plane/boat, switched on and voila. Babels is not a "translation system organizer", we do not provide "ready-made interpretation services"... heck, we don't even provide blueprints (as the mess in POA and Caracas has proven).

There are many of us at Babels who have a long expertise with social forums and event plannings, over the years we've gathered tricks and know-how... more than once we have been tempted to suggest such a solution, you know, the usual western male technocracy trick, "leave it to us, we'll handle everything, just foot the bill" - a bit what AIIC does (I'm a disgruntled former AIIC member)... but that is not what Babels and the Social Forums are about.

Besides, as a white western male with a fondness for history, I feel kind of akward dropping down on Africa or Latin America or Asia to evangelize the darkies about "how things are done"... it just reminds me of too many things I do not want to be part of, ever. (AIIC on the other hand, has no such qualms)

Off course, it would be "more effective" and "more comfortable" and "certainly more cost effective"... yes. But the aim of a polycentric forum is to get people to organize the Forum THEMSELVES, not step aside and watch the mighty professionals set up the lights, stage and provide the band.

If Babels started behaving like this, we would not only be a competition for professional translation companies, we would also miss the whole "empowering" orientation that lies at the heart of the social forum process.

Each Social Forum is organized by a new team, in a different country, each time it is a challenge for that team to gather people around the project, to mobilize energies, to raise funds, to plan and organize... and most of the time it is done by people who've never done that before. And very often the funding is the achilles heel - in Bamako the money for the plane tickets only became available THREE WEEKS before the forum started. Per-diems and refund of transportation costs were negociated the second day after the forum had started... simply because money came from a variety of sources that were sometimes slow to react.

In Paris we had retired old ladies doing the accounting, school kids coming after class to help with planning, computer geeks emerging from their cave dwekking around 2 PM to come help set up the website or the computer system.. it was "bordelique", because a learning process is always messy, but learning is what it's all about.

All of this as opposed to our (at least mine, i don't know where you work at) "normal" and "professional" work environment, where the planning, organizing, carrying of water bottles, booking of airline tickets and hotel rooms etc. - not to mention the careful planning of events, speakers and boots is carried out by paid, efficient and trained staff.

We certainly can improve our own organization, that is the aim of these debriefing documents, but we cannot force our efficiency and organization onto the local committees.

j.f.k.
.
.
Posts: 19
Joined: Fri Jan 20, 2006 10:00 am

Postby j.f.k. » Thu Feb 02, 2006 9:02 pm

Hello Grégoire,

Just a few points that I'd like to clarify, for the record.

I said that "I feel very strongly about chaos being used (by the organisers) as excuses in order to avoid accountability." I only speak of some experiences I have had and my feelings. Period. I NEVER generalised and never intended to give the impression that I meant to generalise. If I have given this impression, I have been clumsey.

I did not either say "things will have to go the way I want them to go", but rather that I believe that it may be constructive to TALK about the way we would ideally want to work and then see how it is possible to work realisticaly. I somehow do not feel that this is a diva attitude. I could say something about the diva label, but I would prefer to avoid another such topic.

I also find it hard NOT to agree with what you wanted to state: basically, give a hand and let's make it work! (my words).

However, I do believe that "we at Babels can organise". We can organise how we will cope with the chaos, and we can clarify what our attitudes will be. I know that for many veterans it goes without say, but it doesn't to newcomers. And I feel it is important to have newcomers feel at home from the start and feel included. But both these questions are a matter of political will and I, for one, do not know how many people (if any) feel that these are important issues. That is why I do not take it for granted that anyone agrees with more or that I represent anyone other than myself.

Regarding the 99% (or however many), I realise that. However, I also feel that by telling the organisers to be more realistic about what we can do could prove to be productive (please PLEASE note the conditional).

I do not believe I mentionned any divide inside Babels as I do not believe there is any.

As to what Babels is - that is a political discussion that I believe should be held face to face, not on the Internet.

Regarding the relation between whites and the former colonies, I believe that this too is a political discussion and do not wish to talk about it here.

And I don't think that stating requirements means forcing ourselves onto local committees (though this is a matter of personnal appreciation).

Listen, I'm sorry we got started on this. I reacted to something you wrote and you clarified it afterwards. I think you've done a brilliant job debriefing and all your points are fair, even if I believe some are worth discussing or rediscussing, but face to face.

This is another of the problems of internet debates: one gets started on a topic and there are a series of spin-off topics until it gets out of hand or people get bored. This does not happen in real life conservations (at least not as easily).

gregoire
.
.
Posts: 60
Joined: Thu Mar 11, 2004 12:03 pm
Location: Lille - North of France
Contact:

Postby gregoire » Fri Feb 03, 2006 1:06 pm

j.f.k. wrote:I think you've done a brilliant job debriefing and all your points are fair, even if I believe some are worth discussing or rediscussing, but face to face..


Well if one day you decide to throw away your mask, you can find me in Lille, there's a nice little flemish "estaminet" which I can show you and where we can sit for hours and discuss these points at will, while feasting on Roger Steenveldts' divine "planche de patés flamands"...

I'm a great believer in face to face contacts (and even more when there's good food and good wine on the table between the two faces)

:-)

ljesover
.
.
Posts: 173
Joined: Thu Nov 20, 2003 9:36 am
Location: France

Postby ljesover » Sat Feb 04, 2006 7:37 am

j.f.k. wrote: I would suggest that the question that I had wanted to raise of "do we want to get more organised or are we happy with things as they are?" be dealt with after some meeting were we (meaning anyone who is interested) can talk face to face and define certain issues. I think that before the foundations are discussed, we'll only go around in circles.


I totally agree with this. It is even what moved certain of us to create a space and the opportunity to discuss this and other topics during what we have called an International Meeting in June 2006.
viewforum.php?f=38
There will be soon a document published to help all deal with it and prepare for it.

j.f.k. wrote:And yes, I am touchy on the topic of "this is how we do things here, if you don't like it, too bad", as I have seen people to whom that sentence was directed give up and leave. [...] No, sorry, it seems that I didn't express myself well. I did not mean to say that the organisers try on purpose to creat disorganisation, but I meant to raise the question of "do we want to try to have more organisation or are we happy with things as they are?" before actually making suggestions.


Me too I am very touchy on this issue. First for personal reason, because I lived it directly trying to say something else: "Do not worry, we are organizing and here is what we are doing..." forgetting to mention that all our organizing will explode with the Forum starting date.

They are few things that we can manage and try to implement in advance like the cash/flow budget issue and like other items more or less in link with "coming to the SF and life during a SF (accommodation/food)". But there are many others where if it usefull to try it it useless to say that it will lead to "organizing" as we know it. Now after many Forums, many "lies" I make and believe myself, many discussions with people, things seem clearer to me regarding this issue. Personaly I will refuse now to say or write that "shedule" and "conference" are leading anyone to work proper hour in proper condition. I will prefer to write that we will try all together in "team" in each of the venues of the Forum to deal with reality. This implies for me to tell people that if they are not ready to work differently, they will feel uneasy and make other people feel uneasy.

Why so ? Well, that is where I feel that electronic discussion is a good apertizer but that we need to hear and discuss what we can call the "reality of Social Forum". Disorganization (or difference from organization as we know it) is inherent to a Social Forum. For many reasons. But let say that a normal "conference" in a SF is organized by several organizations (that never worked together or which never meat before) promoting several speakers (who might not be coming or might change last minute because last night finally some meat and change the conference logic according to recent disccussions and agreements) who are for at least half of them, not use to speak in an international environment. At the same time "logistic" in the conference room itself is difficult in many Forums unless there are "rich" Forums: electricity failing, chairs disorganized, microphones misplaced, sun or rain in an unwanting sudden position and so on and so on. Both combined themselves and "we" (Babels and Alis) are in the middle.

If we are like all just arriving in the room to work our three conference hour, then problems are maximizing. Unless for instance we are a team in that room during the whole SF or unless we are really experienced and ready to cope with this, help the organizers organize their speakers (they organize politically the conference, but often do not know how to organize a conference practically) the setting if something is to change and so on... the catastrophy is at hand. So better say to all that you will not seat in your booth, switch one button, translate 20 minutes, have a break and some water arriving there by the "organizing hands", and wrap-up after the plan time. This is the type of lie I believed in during many years and since the beginning of Forums. Now, eventhough I believe like you that organizing is possible, I believe also that this will not be done by an handfull of so called "coordinators" (often more lost that the interpreters) but by a team of a dozen persons working together in the same space during the Forum and handling that space because "they own it" / "they know it" / "the are getting use and recognize people using it during a SF". But this is the type of organizing that will be call disorganzing in a normal context.

Bamako06
moderator
moderator
Posts: 7
Joined: Thu Nov 24, 2005 10:27 am

Postby Bamako06 » Thu Feb 23, 2006 8:44 am

Rapport final est en ligne
http://www.babels.org/a507.html

Translation in English / Traduccion en español
Soon to be published, use the link above


Return to “FSM - Bamako 2006”

Who is online

Users browsing this forum: No registered users and 1 guest