Rapport CRID université d’été

Dakar, Sénégal, 6-11 février 2011
Germán
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Rapport CRID université d’été

Postby Germán » Thu Sep 02, 2010 8:53 pm

On the main website there is an English version of this report.

En la página principal hay una versión en español de este informe.

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Rapport de la réunion préparatoire pour le FSM de Dakar qui eut lieu en France en julliet 2010.

Première étape : la définition du projet

Lucille a contacté Babels pour la première fois aux alentours de mars-avril, pour nous proposer de participer à l’université d’été du CRID. Philippe Bignet a été contacté, mais étant trop occupé, il m’a demandé de l’aider car plusieurs d’entre nous avions déjà collaboré avec le CRID sur un autre projet (Babels) l’année dernière. Gus Masiah, le fondateur du CRID, est également l’un des fondateurs du FSM, ce qui semblait propice à l’occasion puisque l’université du CRID se voulait un événement préparatoire au FSM de Dakar 2011. Babels y a vu un tremplin pour entamer un possible projet de FSM dans des conditions favorables. Je connais plusieurs membres du Forum Social Africain, et nous avions déjà abordé la question des langues régionales au cours des derniers mois, nous nous accordions tous sur le fait que c’était une nécessité.

Respect des procédures de Babels

La décision d’attribuer ce projet à Babels était en conformité totale avec les procédures de Babels. Les langues de travail étaient le français (langue pivot puisque nous étions en France) ainsi que l’anglais et l’espagnol. Aucune autre langue n’était demandée, même si quelques bribes d’interventions en portugais brésilien ont été entendues…

Il y a eu très peu de réponses au premier appel, et toutes ne convenaient pas. Ma santé s’étant améliorée, j’ai décidé de ne pas me rendre à Istanbul mais d’aider Lucille à coordonner l’université d’été, puisque Bordeaux m’est un territoire très familier, étant seulement à 3 heures de chez moi.

Le besoin était de 20 interprètes, ce qui représente plutôt une grande équipe, à une période où il y a encore beaucoup de travail bénévole ou rémunéré. J’ai donc émis un deuxième appel par le biais de la liste de Babels, tout en contactant d’autres collègues, pour la plupart déjà membres de Babels. Les derniers interprètes ont été trouvés grâce au networking entre collègues.

Pour qu’un projet Babels fonctionne vraiment, il y a besoin d’un maximum de coopération entre les différentes dimensions du projet. Le CRID a tout à fait compris cela, et les aspects suivants ont été la clé du succès :

Une mixité géographique

L’idée de l’université d’été était de travailler sur la coopération Nord/Sud en vue de Dakar 2011, j’ai donc demandé la participation d’interprètes de Dakar au projet. Le CRID a accepté de payer 3 billets pour nos collègues de Dakar (Tapsir Ba, Cheik Hamala Diop, David Leye…). Tapsir et David font partie de l’équipe du FSM depuis plusieurs années. Cris Santoro, d’Argentine, se trouvait en Europe à ce moment-là, et s’est donc portée volontaire. Nous avions donc aussi une représentante d’Amérique latine. Les autres membres provenaient de 6 pays européens différents.

Équilibre de représentation

Un nombre plus ou moins égal d’hommes et de femmes.

Ages et niveaux d’expérience

L’équipe comprenait de jeunes diplômés jusqu’à la grand-mère Judith… ! Plusieurs interprètes travaillant pour l’UE ou les Nations Unies, d’autres professionnels du marché privé, des interprètes des services publics ou occasionnels...

Billets

Suite à Malmö et à d’autres problèmes similaires, j’ai demandé que le CRID achète les billets de tous les interprètes, sans tenir compte de leur possibilité de le faire eux-mêmes ou pas. Le CRID a accepté. Ceci a engendré quelques difficultés au niveau de la logistique, mais grâce à une coordination persévérante et au soutien de Nathalie, la Déléguée Générale du CRID (et à sa carte de crédit, lorsque celle du CRID avait trop chauffé !), nous avons réussi à payer tous les billets. Nous aurions pu économiser un peu d’argent en achetant les billets en avance, mais le fait que tout le reste soit immédiatement remboursé sur place a été très utile. Nous avons utilisé le système d’enveloppes individuelles mis en place par Delphine au Luxembourg, dans lesquelles chacun plaçait ses notes de frais, ce qui facilitait le travail des comptables du CRID.

L’équipement

Lucille a contacté Coati pour voir si l’équipement ALIS était disponible, mais il était déjà utilisé pour une conférence parallèle sur les sciences et les technologies. Je lui ai fourni les coordonnées d’une entreprise privée qui effectuait des tarifs réduits pour les événements solidaires. Certains d’entre nous avions rencontré Emmanuel Girard lors de la réunion de Semences Paysannes pour laquelle il avait fourni l’équipement à Port-Sainte-Marie l’année dernière, où je lui avais parlé de la possibilité de prendre part à des mouvements et forums sociaux.

L’équipement fourni appartenait à deux catégories : des cabines standard pour les salles nécessitant trois langues, et un équipement de « visite guidée » (des interprètes travaillant avec un micro connecté à des casques) pour les salles nécessitant deux langues. Les cabines étaient des cabines d’interprétation professionnelles. La plupart des interprètes n’étaient pas habitués à utiliser la « visite guidée », et ont trouvé cette technique quelque peu difficile, puisqu’ils n’avaient pas de casques sur leurs oreilles pour recevoir la voix de l’orateur. Il y avait également parfois des problèmes d’acoustique. Le fait de pouvoir se déplacer et se rapprocher de l’orateur n’a pas toujours été perçu comme un avantage. Personnellement, j’aime le fait que les interprètes ne soient pas coupés du public, et soient plus intégrés à la réunion. De plus, je suis habituée à travailler avec ce genre d’équipement.

Planification des cabines

La planification des cabines a été très simple puisque Lucille savait plus ou moins à l’avance quels étaient les réels besoins, ce qui nous a permis de recruter l’équipe en conséquence. Le fait que quelques ateliers soient annulés ou au contraire demandent un interprète à la dernière minute n’a pas eu de répercussions, puisque moins de personnes travaillaient l’après-midi. Nous travaillons tous le matin (environ 9h – 12h30), et avions au moins un après-midi de libre (la plupart des gens n’ont en fait travaillé qu’un après-midi sur quatre).

Équipe en autogestion

Nous avons programmé une courte réunion avec les interprètes, les techniciens et la personne du CRID en charge des interprètes, Ronack, après la plénière d’ouverture, pour nous présenter et brièvement établir les règles de base de l’organisation. Le principe était d’avoir une équipe en mode d’autogestion, pour que je puisse être en cabine, au lieu de seulement coordonner. Nous avions une salle où nous pouvions nous reposer, laisser des messages sur le tableau, etc. C’était très utile. Nous avons tous été capables, de façon individuelle, de régler les problèmes lorsqu’ils se présentaient, évitant ainsi toute situation critique. Il y a eu de nombreuses interviews, des réunions officieuses, etc. Tout a plutôt bien fonctionné, et, comme la plupart des problèmes concernaient le CRID plutôt que Babels, Ronack et Lucille s’en sont chargés sans même que je sois mise au courant. Les problèmes tels que la perte de documents d’identité, de bagages, de vols manqués, etc. ont été résolus. Ma seule erreur au niveau de la coordination a été de ne pas établir une liste des numéros de téléphones portables des interprètes au préalable. Au final, les choses se sont organisées toutes seules.

Hébergement et nourriture

Certaines des chambres étaient rénovées et confortables, et possédaient une salle de bain privée ; d’autres étaient des logements étudiants typiques, avec douches collectives. Sauf un problème qui n’avait rien à voir avec le CRID ou Babels, tout était très bien. La nourriture était en général bonne, même si les végétariens sont un peu restés sur leur faim. La France n’est pas un pays adepte du mode de vie végétarien, et le foie gras servi lors de la réception au Château les a quelque peu frustrés !

Les sessions

L’équipe avait reçu un emploi du temps à l’avance ; néanmoins, et malgré les efforts répétés de Lucille, nous n’avons reçu que très peu des présentations, très souvent de nature hautement technique ou juridique, ce qui a rendu notre travail très difficile, quasiment impossible dans certains cas (une présentation sur une ébauche de loi, traduite par écrit de l’anglais au français, et lue à une vitesse excessive, était impossible de retraduire vers l’anglais…). C’est une difficulté récurrente, puisque les orateurs ne prennent pas en compte la quantité de travail préalable nécessaire aux interprètes (collecte de glossaires, etc…). Nous ne sommes nullement des machines possédant la connaissance absolue, nous sommes des êtres humains, et pour interpréter il faut d’abord que nous comprenions les sujets abordés !

Nous aurions également dû créer un petit document, à présenter à voix haute ou à inclure dans le livret du participant, car malgré ce qui avait été dit lors de la séance d’ouverture, de nombreuses personnes n’ont pas réalisé que nous étions des bénévoles et aussi des activistes pour la plupart. C’est la pratique officielle dans les forums sociaux.

Nous avons également géré plusieurs réunions officieuses, dont le soutien d’interviews radio (les noms des interprètes concernés étaient mentionnés à l’antenne et sur le site, même s’il y a eu parfois des erreurs dans les noms !).

Nous avons également donné une interview radio (Judith Hitchman & David Leye) pour présenter Babels (http://www.farl.net), ainsi qu’une interview pour le « Journal des Coulisses ».

Réunion entre le Comité d’Organisation du FSM et Babels

Quatre membres de Babels (Judith, Audrey, Rodrigo et Jorge), deux membres du Comité d’Organisation de Dakar (Taoufik Benabdallah et Mignane Diouf) pour le FSM 2011 et la personne en charge de récolter des fonds pour Dakar (Nico Haeringer) ont été très productifs. Il y aura un rapport séparé sur cette réunion dans quelques jours, pour compléter les éléments déjà en ligne afin de préparer le séminaire de Dakar à la fin du mois. Nous espérons qu’un membre sénégalais de Babels et moi-même assisterons à cette réunion. Les conditions actuelles semblent propices à la création d’un projet Babels pour le FSM de Dakar. Il y aura une utilisation intensive des langues régionales (formation prévue nov-février), une diffusion sur les radios locales, des billets prépayés, un hébergement adapté et un défraiement journalier acceptable (15 000 CFA/jour/personne). Le point le plus délicat, comme toujours, sera l’équipement, et nous devons commencer à nous organiser dès à présent.

Conclusion

Les problèmes qui ont pu survenir ont, en général, été réglés avec succès. Les choses à améliorer sont toutes listées dans le paragraphe « les sessions ».

Une formidable équipe, beaucoup de bonne humeur et avant toute chose, l’ingrédient essentiel dans tous les projets FSM/Babels : la CONFIANCE et le désir d’agir ensemble. Merci au CRID d’avoir joué le jeu, et merci à l’investissement des membres de l’équipe pour cet événement.

soleunico
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Re: Rapport CRID université d’été

Postby soleunico » Fri Oct 15, 2010 11:33 am

Dear collegues,

I would like to know if there has already been a call for interpreters for Dakar 2011, and if not when is it planned? I would love to take part as volunteer interpreter, but this requires some time for planning.
MAny thanks!


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