FR - INVITATION A PRENDRE DES DECISIONS ENSEMBLE

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transtrad-ccord

FR - INVITATION A PRENDRE DES DECISIONS ENSEMBLE

Postby transtrad-ccord » Tue Feb 17, 2004 6:34 am

Comme vous le savez, Transtrad est un projet neuf dans Babels. Il est né de l'urgence de la préparation du FSE de Paris. Il est temps aujourd'hui de le remettre à plat et de prendre des décisions ensemble sur son fonctionnement, ses buts etc.

Nous pensons que Transtrad est un projet original. Nous sommes certains aussi que Transtrad n'est pas le seul projet possible. Il existe d'autres groupes de traducteurs-trices bénévoles dans le monde.
Nous travaillons avec certains d'entre eux et sommes évidemment prêts à développer et à renforcer nos collaborations partout où cela est possible.

Il existe aujourd'hui plusieurs types de propositions pour le travail de Transtrad. Nous vous invitons à en débattre et à prendre des décisions ensemble. Le but est que vers le mois de Mars nous puissions écrire ensemble un texte qui les définisse et qui nous permette de mieux faire connaître Transtrad aux nouveaux-elles arrivant-e-s.

Les lignes directrices de l'activité de Transtrad pourraient être comme suit:

1) Transtrad et les FS: documents, mémoire et préparation

Il s'agit de contribuer autant à la construction des Forums Sociaux (en traduisant les documents préparatoires) qu'à la constitution d'une mémoire écrite collective (en traduisant les documents de restitution, les textes de synthèse des séminaires et plénières). Maintenant, nous travaillons sur le Projet Mémoire du FSE2003 (www2.fse-esf.org): un projet de traduction vers l'anglais et l'espagnol (et peut-être dans le futur prochain allemand et italien) des documents de restitution du Forum Social Européen de Paris.

2) Les projets d'organisations: le non-commercial et l'information

Mais Transtrad doit se définir aussi comme projet a-événementiel, c'est-à-dire se donner une dynamique propre. Cela peut se mettre en place en élaborant et poursuivant des projets particuliers, bien identifiés et en correspondance avec l'esprit Babels et une certaine éthique, comme le projet "50 Years is enough" (un réseau d'associations qui luttent pour la reforme de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire Internationale) ou le projet CADTM (Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers-Monde).

3) Les projets Babels: devenir actif, rechercher, regrouper, publier

L'idée est de publier régulièrement, dans diverses langues, selon les centres d'intérêt des uns et des autres, des articles par thèmes. Il s'agira dès lors:
- de récolter des articles intéressants sur ce sujet et les réunir
- de les faire traduire dans les diverses langues dans lesquelles nous sommes capable de les faire traduire
- publier sur le net voir ailleurs le résultat de ce travail.


Aidez nous à mieux définir ces différent axes, à les discuter, les critiquer, éventuellement à en déterminer de nouvelles.

PARTICIPEZ.

Sandra

traductions

Postby Sandra » Tue Feb 17, 2004 9:37 am

Rassembler des textes sur internet et les traduire, faire des compte-rendus sur les différents forums...tout ceci me parait être une entreprise bien utile, mais je cerne mal l'aspect concret de la démarche. En effet, je reçois assez régulièrement des nouvelles de Babels et de transtrad dans ma boîte e-mail, sans pour autant savoir en quoi je pourrais m'engager. J'ai déjà affirmé mon souhait de traduire des textes du français vers l'allemand et vice-versa, mais où trouver les textes à traduire et y en a -t-il seulement? Qui détermine les textes à traduire et pourquoi ne sommes-nous pas sollicités clairement quant au travail à faire? Autant de questions que d'autres membres se posent, manifestement...

Amicalement,

Sandra

Patrizia

traductions

Postby Patrizia » Tue Feb 17, 2004 9:46 am

Je pense que l'idée est bonne mais il faut vraiment la mettre en place, donner aux traducteurs les instruments pour faire des bonnes traductions et compte tenu de notre bonne volonté nous tenir au courant des évenements et nous faire participer un peu plus à l'organisation. Je suis d'accord avec Sandra et beaucoups d'autres.
Toute mon amitié
Patrizia

ljesover
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Postby ljesover » Tue Feb 17, 2004 9:47 am

Sur le fonctionnement général de transtrad

Les volontaires s'inscrivent en cochant la case "transtrad" dans leur dossier personnel. Des coordinateurs volontaires les inscrivent alors de manière à ce que les personnes ne reçoivent que les demandes qui correspondent à leur couple de langues (cible et source) suivant les indications du dossier de chaque personne Ainsi vous n'êtes sollicité-e-s que pour les demandes qui vous correspondent.

Après en fonction des demandes, des goûts, du temps de disponible, les personnes répondent à ces sollicitations. Les coordinateurs en charge du "projet" leur répondent selon le principe "premier arrivé / premier servi" en leur envoyant le document en question.

Il y a évidemment besoin de plus de coordinateurs-trices pour aider et se répartir la charge de travail. Mais voilà dans les grandes lignes le fonctionnement général.

Pour les idées que nous mettons en discussion (le fonctionnement général l'est aussi si quelqu'un à des suggestions pour l'améliorer) celle qui a trait à la recherche de documents etc... à savoir la 3 est particulière en ce sens que "NOUS" déterminerons ensemble les sujets et que "NOUS" solliciterons les organisations et les sources possibles de documents.

Comment les trouver ? Il n'y a pas de secrets. Nos carnets d'adresses aux un-e-s et aux autres. Comme nous sommes sollicités pour les Forums ou par des organisations, nous en avons un commun aussi. Et puis la recherche sur Internet (vive google!) ou les hasards des rencontres de lectures....


Mais je pense aussi qu'il faut parler du format... car une fois que nous avons ensemble déterminer un sujet... il faudra que nous parlions du nombre d'articles, de la variété des langues sources de ces documents et voir quelles langues cibles nous utiliseront. Je pense personnellement que c'est une point très important: la variété des langues et en particulier des langues sources des documents.

sabinita

Sur la publication

Postby sabinita » Wed Feb 18, 2004 8:35 pm

Bonjour,

Tout d'abord, j'ai été épatée par l'organisation de Babels, pour la traduction du projet mémoire. Chapeau bas.

Une remarque me vient concernant les "articles intéressants" à réunir sur des sujets définis. Envisagez-vous une sorte de partenariat avec des journaux (type monde diplomatique) ? Car certains articles qui mériteraient une plus large diffusion sont protégés par le droit d'auteur, on ne peut pas les publier sans autorisation préalable. A moins d'en tirer l'essence...

Ces publications seront-elles suivies de réflexions approfondies, préludes à une action plus concrète ?

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"Les projets Babel"

Postby brandelune » Thu Feb 19, 2004 8:59 am

Je trouve que l'initiative est intéressante. En ce qui me concerne, j'aimerai pouvoir former un groupe de traducteurs japonais-français pour mettre à disposition des analyses japonaises sur les problèmes du moment. J'ai été contacté par une personne pour le somment de Mumbai mais le sens de la traduction (anglais-français/japonais) n'étant pas en ma faveur je n'ai pas pu participer activement.

Par ailleurs il devrait être possible d'indiquer la publication de traductions d'auteurs connus dans des langues particulières: par ex avoir une page en japonais indexant les articles traduits en japonais de Zizek/Chomsky etc.

JC Helary

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Babels n'est pas un service gratuit...

Postby Emma » Thu Feb 19, 2004 9:45 am

Bonjour,

La question des interventions de Transtrad rejoint celle des interventions de Babels en général, qui m'a titillée suite à la lecture du compte-rendu de réunion de Babels-FR (que, soit dit en passant, Steph, je n'ai pas pris pour être le centre, c'est juste qu'une question importante était évoquée).

Je comprends l'importance de Babels, et j'y adhère lors des fora sociaux ou autres événements de ce type, puisque Babels participe au mouvement en tant que membre organisateur, cependant je ne peux pas être d'accord avec la traduction régulière d'articles, notamment d'auteurs connus : Car cela constitue un travail qui DOIT être rémunéré. Babels n'est pas là pour remplacer les traducteurs qui seraient payés. C'est de nous qu'il s'agit et il serait absurde de se piquer le travail soi-même !!

Il ne faut pas que les activités de Babels entraînent une dévalorisation du travail des traducteurs/d'interprètes qui souvent, a déjà du mal à être reconnu à sa juste valeur (financière, bien sûr, mais pas seulement).
Babels n'est pas un service de traduction gratos.

:-(((
Emmanuelle

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Postby ljesover » Thu Feb 19, 2004 9:45 am

A propos du copyright

Je pense la remarque fort juste. Une partie de notre travail est non seulement d'identifier les articles, mais surtout d'obtenir les autorisations.

Nous nous travaillons en copyleft. C'est à dire que notre travail est mis à disposition de façon non marchande pour une utilisation non marchande. l'identification complète de la source de l'information (à savoir auteur plus nous) est un élément important.

C'est l'élément le plus simple. Reste la question de partenaires "journaux" ou "publications" pour un projet X. Il existe des publications "amies" au sens de l'éthique mais qui doivent rentrer dans leurs frais (paiement de l'édition papier, voire des journalistes etc.). Comment notre travail peut-il s'articuler avec eux? Dans quel cadre ?

Pouvons nous accepter une forme de dédomagement par exemple ? Cela devient compliquer. Notre travail est un "don" quand il reste dans ce domaine les choses sont simples, mais dès qu'il y a un échange avec quelque chose et en particulier de l'argent... cela se complique. Enfin je crois...

OH OUI !!! J'espère bien qu'un groupe se monte au Japon que nous puissions profiter d'une telle passerelle. C'est extrêmement important (pas seulement pour le Japon). Personnellement j'ai découvert les mobilisations et les mouvements japonais grâce au FSM. Extrêmement intéressant...

Sans doute serait-il souhaitable de contacter Hiroshi, coordinateur babels-ja@babels.org afin de réunir des volontaires sur ce point "transtrad" ou sur d'autres...

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Postby Emma » Thu Feb 19, 2004 10:06 am

ljesover wrote:C'est l'élément le plus simple. Reste la question de partenaires "journaux" ou "publications" pour un projet X. Il existe des publications "amies" au sens de l'éthique mais qui doivent rentrer dans leurs frais (paiement de l'édition papier, voire des journalistes etc.). Comment notre travail peut-il s'articuler avec eux? Dans quel cadre ?

Pouvons nous accepter une forme de dédomagement par exemple ?


Là, je ne suis vraiment pas d'accord. Les journaux, les publications doivent rentrer dans leurs frais ?? Et bien s'ils ont besoin de traductions, leurs frais doivent comprendre la rémunération des traducteurs. Pourquoi les journalistes seraient payés, et pas les traducteurs ? Ce métier aurait-il moins de valeur ? Faut-il aussi se battre dans Babels pour faire entendre la voix du traducteur ? C'est déjà assez difficile de voir apparaître son nom sur les textes qu'on traduit de façon rémunérée.....!!!

Forme de DÉDOMAGEMENT ? N'est-ce pas un travail à part entière qui se paye à part entière ??

Si des publications ont besoin de traductions, qu'elles les budgettent, qu'elles contactent Babels qui a un bon réseau, qu'elles payent les traducteurs/trices, Babels devrait aussi être là pour ça......!!!!

steph
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Postby steph » Thu Feb 19, 2004 10:56 am

On est au coeur du problème de paiement/non paiement, prestataire de services gratos/non prestataires de services gratos, avec vos deux derniers échanges. C'est sans doute plus clair quand on prend la traduction, mais finalement, le problème est le même avec l'interprétation.
Mais ça rejoint aussi pas mal de discussions avec des "vrais gens" et pas des écrans d'ordi (même si on se connaît, c'est pas pareil) autour des questions des conditions de travail réclamées par des pro qui veulent protéger leurs cordes vocales et leurs tympans et dire "non, je n'interviens pas puisque les conditions de travail sont dangereuses" puisque ce sont leurs outils de travail , questions qui ne sont pas entendues par les gens qui ne vivent pas du métier d'interprète ou de traducteur.

Y'a un aspect de Babels qui, ici, devient un peu effarant : c'est quand les gens qui ne sont pas interprètes ou traducteurs de métier imaginent des projets qui n'envisagent pas toutes les conséquences desdits projets sur la vie des interprètes et traducteurs pro. Je trouve fantastique que Babels rassemble des pro, des non-pro, des militants, des non-militants, des curieux, des gens qui ont des expériences et des métiers totalement différents et nécessaires les uns aux autres. OUF!!! c'est ce qui fait la beauté de Babels et sa force, son intérêt. Interprète un jour, coordi (ou organisateur) le lendemain, logisticien un jour, trad' le lendemain, etc...
Mais ... justement! ça veut dire trouver des solutions et des projets qui ne lèsent personne.

Je suis journaliste. Il m'arrive de piger pour des trucs associatifs. Mais d'abord, je le choisis. C'est souvent des trucs militants, sur des sujets que je connais bien ou des trucs que je peux exploiter de différentes façons (un même reportage, dont je garde des bouts pour ceci ou cela) et qui ne METTENT PAS EN DANGER mon boulot par ailleurs. Il est hors de question de voir une rédaction m'opposer mes articles bénévoles pour ne pas me rémunérer une pige.
Or, très sincérement, on est tous passé par là et on s'est tous fait avoir par une rédaction qui a joué sur la fibre militante à un moment ou un autre, pour nous faire croire qu'on a eu de la chance de pouvoir piger pour eux sur le truc qui nous botte. Sauf que, c'est du boulot et qu'on s'est fait entuber au passage.
Après, on grandit. :)) On choisit.

Le copyleft ne fait pas manger les gens. Il permet la mutualisation du boulot bénévole tout en protégeant certains droits de propriété intellectuelle, mais bon, il ne paie pas le boulot. Alors, le copyleft pour la traduction dans le cadre de la restitution : ben oui, heureusement! Mais c'est un boulot bien cadré.
Pour des traductions toute l'année??? l'argument du copyleft sera retourné pour mettre en question les trad' payées par les asso, au final.

Pourquoi les journaux rémunèreraient-ils les traducteurs qu'ils ont l'habitude de rémunérer pour leur travail s'ils peuvent passer par Babels, via la restitution? On peut dire que le boulot de restit' porte sur du "passé". Ouais... feront-ils la différence? quand se mettront-ils à demander des trad' gratos?

C'est pas à prendre à la légère.

Et je pense aussi que le boulot du groupe restitution n'a pas été suffisamment expliqué ici : transtrad intervient dans le cadre d'un projet qui le dépasse, c'est pas transtrad qui le "drive". Toutes les histoires d'indexation, etc... c'est avec le groupe restitution qu'il faut les aborder, puisque le boulot final de traductions se trouvera sur un espace mémoire très certainement géré par le groupe restitution, pas par Babels.

Pour finir... :))
Il y a effectivement une différence de fonds entre :
- transtrad dans le cadre des forums sociaux. Pour traduire les docs de préparation des forums, les communiqués de presse, le travail de restitution.
ça, ça rejoint ce qu'Andrea m'avait expliqué avant Mumbai.

- transtrad en-dehors des forums.

C'est pas le même projet.
Ce qui rejoint l'autre discussion sur l'intervention de babels pour l'interprétation ailleurs que dans des forums. Pourquoi dire non à toutes les sollicitations d'interprétation d'un côté, mais oui aux sollicitations de traduction???

;)
Stéph
Last edited by steph on Thu Feb 19, 2004 11:48 am, edited 1 time in total.

brandelune
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précision

Postby brandelune » Thu Feb 19, 2004 11:05 am

Je parlais d'indexation de textes déjà traduits d'auteurs connus.

Par ex, il y a un texte de Zizek, publié en japonais dans un numéro HS de Joukyou ce qui mérite d'être indiqué quelque part dans une section de Babels 1)si on s'intéresse aux textes de Zizek et/ou si on s'intéresse à ce que fait Joukyo (ce qui nécessite un travail de mise en contact à travers une équipe japonisante).

Il est clair que le travail de traduction (prestation de service multilingue), comme je le propose dans un autre poste doit être rémunéré d'une certaine manière sinon on se coupe l'herbe sous le pied.

JC Helary

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Re: Babels n'est pas un service gratuit...

Postby Elena » Thu Feb 19, 2004 12:17 pm

Emma wrote:Babels n'est pas là pour remplacer les traducteurs qui seraient payés. C'est de nous qu'il s'agit et il serait absurde de se piquer le travail soi-même !!
(...)
Babels n'est pas un service de traduction gratos.


Je suis absolutement d'accord.

Elena

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STOP, please

Postby Verónica » Thu Feb 19, 2004 1:32 pm

Je viens de lire les différents postings de la discussion sur Transtrad et je vous conseille de prendre le sujet avec des pincettes. Cela peut vous paraitre tres simpliste mais je crois avoir trouvé la raison d'être de Babels. On accompage les fora mondiaux, européens et autres (FSMed) et un point c'est tout. Babels est un réseau bénévole d'interprètres et des traducteurs où on a la chance de pouvoir compter sur des gens de différents horizons professionnels qui ont envie de participer au projet Babels. Mais, ATTENTION, que les non interprètes et les non traducteurs pensent aux conséquences que leurs projets puissent avoir sur deux métiers qui parfois se rejoignent mais ont des logiques différentes. Et, puis, dans nôtre dénomination il y a aussi le terme bénévole. Alors, puisque il y a beaucoup de gens qui nous voient comme un prestataire de services, disons NON a toute sorte d'abus et rémunération. Je sais qu'il est très tentant, surtout pour les gens qui commencent dans la profession, d'utiliser Babels comme un tremplin pour s'introduire dans le marché du travail. Mais, puisqu'on dit avoir une pensée politique, arrentôns sec les tentations peu orthodoxes de casser le marché et ne cédons pas à l'exploitation du travail dans des conditions que nous considérons inacceptables.

Encore une chose. Pour ce qui est du projet Transtrad, je sais que l'enthousiasme est grand parmi les traducteurs jeunes et militants mais il est facile de filer une traduction à un interprète qui est chez lui et qui va devoir bosser devant l'ordi pendant des heures et même de journées entières pour trois fois rien.

Finalement, pourquoi doit-on être toujours plus ambitieux? Profitons de ce qu'on a réussi à avoir jusque maintenant. On sait très bien que la préparation d'un forum européen est très compliquée et demande beaucoup de temps. Répartissons mieux le travail et essayons de gagner la bataille de Babels en tant que participant de plein droit dans les fora. Oui, on résoud le problème de la communication entre les gens (et ce n'est pas plus mal), on profite pour valoriser la profession de l'interprète- traducteur, souvent invisible, on promeut la diversité linguistique en Europe, on s'exerce au travail terminologique avec les glossaires, on peut écrire des articles grâce à nôtre position priviligiée, on essaie de nouveaux outils informatiques (j'oublie sûrement des choses) et, principalement, on contribue au mouvement, on se laisse emporter par la foulée de grands évènements comme les FSE et FSM (en revendiquant notre place, déjà dit) on s'amuse, on connaît des gens et, surtout, on NE s'épuise pas, we don't get burned out, NO NOS QUEMAMOS.

brandelune
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Re: STOP, please

Postby brandelune » Thu Feb 19, 2004 2:24 pm

Verónica wrote: Et, puis, dans nôtre dénomination il y a aussi le terme bénévole. Alors, puisque il y a beaucoup de gens qui nous voient comme un prestataire de services, disons NON a toute sorte d'abus et rémunération. Je sais qu'il est très tentant, surtout pour les gens qui commencent dans la profession, d'utiliser Babels comme un tremplin pour s'introduire dans le marché du travail. Mais, puisqu'on dit avoir une pensée politique, arrentôns sec les tentations peu orthodoxes de casser le marché et ne cédons pas à l'exploitation du travail dans des conditions que nous considérons inacceptables.


Bénévole ça ne veut pas dire non rémunéré. Quelque soit l'idée politique de Babel et la mise en forme de cette idée en termes pratiques, l'image que donne Babel de son activité est celle d'un prestataire de service. Le fait que les intervenants soient bénévoles _et_ non rémunérés n'a pas à rentrer en ligne de compte. En quoi une rémunération (de quelle ordre ?) est un "abus" ? Jusqu'à quel niveau (ou à partir de quel niveau) est-on "bénévole" ? Est-ce qu'un "vrai" bénévole ne devrait pas lui/elle même payer ses frais de transport etc ?

Babel, mais aussi la plupart des lieu de traduction bénévole (et ce n'est pas ce qui manque) sont d'office des tremplins pour une entrée sur le marché du travail (qui peut être rémunéré ou non). En ce qui me concerne, je considère le peu que je fais pour Babel/Attac et autres comme un travail au même titre que d'autres travaux, de fait mieux rémunérés.

Ta réflexion sur les conditions de travail inacceptables fait référence à quoi ? Au bénévolat non rémunéré ? Au bénévolat rémunéré symboliquement ? Au travail d'agence mal payé ? Au bénévolat normalement rémunéré ?

Le fait que l'histoire de Babel soit organiquement liée à celle du WSF est une chose, alors de deux choses l'une, soit Babel reste une institution du WSF et dépend de l'organisation de ce dernier en terme de logistique et/ou budgets, ce qui peut en intéresser certain, soit Babel s'autonomise pour justement être à même de gérer un certain nombre de projets indépendants du WSF mais qui en prolongent la démarche.

Il me semble que l'autonomisation est un fait aujourd'hui, alors la question est non pas comment rester vierge de tout rapport à la réalité des demandes auxquelles Babel doit faire face ? Mais plutôt quelle "organisation" (ça peut être horizontal/vertical/diagonal et autre) proposer qui 1) respecte la charte (le principe de rémunération possible n'est pas contradictoire avec celle-ci par ailleurs) 2) respecte la sensibilité de ceux qui considèrent sérieusement l'autonomisation de la structure. Les autres peuvent toujours participer dans le cadre du WSF et autres.

Conclusion: une Babel autonome devient un prestataire de services, spécialisés de surcroît, et ça ça coûte cher ! Libre à Babel de produire des services non rémunérés (ou symboliquement rémunérés) pour des partenaires choisis (WSF etc) libre à elle de facturer au prix agence (et éventuellement de répercuter cette rémunération sur l'intervenant) des travaux pour d'autres partenaires. Une rémunération sur certains travaux permettra justement des prestations plus riches dans des cas nécessaires (payer le transport de tel ou tel intervenant nécessaire mais qui ne peut se déplacer pour cause budgétaire etc).

Babel sous la forme d'une coopérative partageant les savoirs/ressources (humaines) et autres n'aura pas forcement un but lucratif (ie: qu'un nombre limité de personnes s'en mettent plein les poches).

Jean-Christophe Helary

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Postby steph » Thu Feb 19, 2004 2:56 pm

ciao

Sur les conditions de travail, voir le WSF thread et parfois le ESF thread : je crois que c'est assez clair.

En revanche, je trouve simpliste l'opposition entre Babels, simple courroie de transmission des forums sociaux et Babels en quête d'autonomie. Au sein du FSE 2003, Babels a joué un rôle politique. Tout en dépendant des fonds du forum. C'est pas impossible ni antinomique - c'est même une victoire assez incroyable, vu le point d'où on partait après Florence... si on s'interroge aujourd'hui, c'est bien parce qu'on a conquis une identité qui n'allait pas de soi du tout il y a quelque mois!

Pour le reste, je trouve l'argument de la coopérative plutôt spécieux : et on va facturer quoi à qui, exactement? Tu crois que les gens vont payer une interprétation faite par des non-pro? Babels a toujours été et doit rester un endroit qui mêle les pro et les non-pro, les militants, les sympathisants et ceux qui découvrent les forums et leurs thématiques. Tu y trouves tous les niveaux d'interprètes. Amateurs et pro.
Alors, quoi? Aux orga qui ne peuvent pas payer grand-chose, tu envoies des débutants et à celles qui peuvent "raquer", des pro? Ou t'envoie que des pro? c'est quoi la différence avec une agence, alors? C'est quoi, la place des non-pro dans ce scénario-là? on amène du taf' aux pro???

On avait préféré "volontaire" à "bénévole" à un moment et c'est bien dommage d'avoir perdu cette distinction. D'abord, parce que "bénévole" a une acception passablement négative dans la tête des gens: c'est trop souvent synonyme de piètre qualité (à tort ou à raison). Ensuite, parce que "volontaire" nous semblait insister de façon positive sur le fait que des gens sont prêts à mettre volontairement leurs compétences au service d'une "cause" (pour aller vite).

stéph

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Postby Emma » Thu Feb 19, 2004 4:05 pm

Je suis d'accord avec Veronica sur le fait que Babels doit faire partie intégrante d'un projet et NE PAS ETRE PRESTATAIRE DE SERVICE. Comme pour le FSE, FSM, et les divers apports que Veronica résume si bien.

Egalement, elle a raison de souligner les possibilités d'épuisement.

L'idée d'un coopérative n'est pas mauvaise, mais comme je le dis dans un autre message, elle n'a rien à voir avec Babels. C'est une autre affaire. Dans Babels, comme Stéph le souligne, il y a des pros et des non pros, et chacun a sa place. Dans une coopérative, on se fédère entre pros et on négocie avec des boîtes, avec des journaux, avec quiconque a besoin de SERVICES de traduction/interprétariat.

Emmanuelle (un peu surprise de cette discussion à l'intérieur de Babels !)

Verónica
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Postby Verónica » Thu Feb 19, 2004 4:18 pm

Je voudrais que d'autres gens participent à cette discussion parce que cela touche à quelque chose de fondamental.

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pro, non-pro, volontaires etc.

Postby brandelune » Fri Feb 20, 2004 12:25 am

C'est sur que n'étant pas partie prenante ni dans les SF ni dans Babel et son fonctionnement il y a plein de choses que je ne peux pas voir. Qu'on m'en excuse. C'est ce qui explique probablement le décalage de mes positions par rapport à ce que beaucoup semblent partager ici comme "sens commun". N'empêche que.

On peut jouer sur les mots bénévole/volontaire, le fait est que volontaire est encore moins lié à l'idée de non rémunération (individuelle). Le fait que bénévole lui soit plus clairement lié à cette notion permet d'avancer l'idée que c'est la structure qui reçoit une indemnité de fonctionnement (comme ça se fait aujourd'hui, sinon comment auriez vous de l'argent pour assurer les remboursements de transport et le per-diem ?) et pas l'individu directement.

Par ailleurs, la distinction pro/amateur qui se couple en distinction bon-niveau/mauvais niveau est un peu décalée. Si on tire un revenu d'une activité on doit se considérer professionnel, le fait qu'on refuse le revenu ne veut pas dire qu'on tombe dans l'amateurisme et l'amateur n'est pas forcement incompétent. etc. Si on fonctionne sur le principe du volontariat, la distinction n'existe même plus, ou alors elle aurait du exister dès l'origine, ce qui n'est pas le cas. En bref, c'est de la responsabilité de Babel d'offrir des services qui correspondent à une demande réelle: celui qui ne se sent pas capable d'interpréter pour un spécialiste des micro-prêts doit se limiter (et doit être limité) à des interventions d'un autre ordre. Sinon, Babel ou pas Babel, les Forum Sociaux perdront de leur intérêt (et de leur credibilité).

Une structure comme Babel (réseau d'interprètes-traducteurs à vocation politique) peut/doit envisager par exemple de proposer des formations/aides aux non-experimentés (j'imagine que ce sont ceux que Steph appelle "amateurs"). Babel ne peut pas systématiquement fonctionner en parallèle(/parasite ?) du milieu de la formation professionnelle. Tout simplement parce que celui-ci fonctionne dans une logique marchande et d'exploitation des ressources humaines.

Ce qui veut dire que, plus qu'un réseau à activer pour des événements sélectionnés, Babel se doit d'avoir un fonctionnement propre pour garantir la qualité de ses prestations. Et ici on rentre dans le domaine de la pratique nécessaire à la spécialisation des intervenants. Pour qu'un "amateur" ou qu'un professionnel non spécialisé soit éventuellement compétent pour travailler avec fluidité dans l'urgence il faut une préparation qui inclut éventuellement des interventions dans des situations moins critiques. Donc prestation de "services" basés sur le travail de volontaires, prestation qui correspond à une "indemnisation" pour assurer le roulement de la machine. Prestation dont les modalités sont à déterminer.

Ok, tout ceci peut avoir lieu _hors_ du réseau informalisable que semble vouloir être Babel. Mais pour que ce réseau soit pérenne il serait bon d'envisager autre chose que la simple bonne volonté des 4500 (?) contacts. Parce que pour que ces 4500 contacts puissent efficacement mettre en œuvre leurs compétences propres ça demande un réel travail d'organisation qui dépasse le "super, ça a marché la première fois, on continue comme ça !"

Et puis on parle de réseau, mais bon, si on regarde le réseau qui sert en ce moment à faire communiquer Babel, internet, on voit quand même que c'est un réseau organisé qui ne fonctionne pas forcement loin des réalités économiques. Et je ne parle pas de la logique marchande qui semble l'animer depuis l'avènement du web mais du coût réel des installations, serveurs etc. qui même (et surtout) si ils sont payés par des institutions ont un coût reporté sur nos impôts.

L'argent c'est le nerf de la guerre, contre la logique d'exploitation. Je suis volontaire/bénévole (au choix) dans une ong japonaise qui construit des écoles et des centres de formations au Cambodge, on a 3 magasins qui fonctionnent sur le même principe qu'Oxfam ainsi qu'un "réseau" de 500 volontaires sur tout le territoire. Et on réussi à faire tourner entre 100 et 200,000 euros par an dans une logique non-marchande basée sur l'argent. Il y a seulement 2 permanents rémunérés pour faire tourner cette machine et ça fonctionne. Mais il a fallu 10 ans d'essais pour arriver à une structure relativement stable qui garantisse la pérennité de l'action (au delà des individus intervenants).

Babel en tant que réseau mondial n'a pas vocation ni intérêt à trop codifier ses pratiques. Mais les "groupes" locaux gagneraient à trouver des structures non marchandes et durables pour assurer un taux de réactivité maximum au niveau de compétence le plus prêt de la demande à laquelle veut répondre le réseau mondial. Après tout Babel s'est déjà planté il y a quelques millénaires, c'est pas la peine de recommencer: souplesse/flexibilité/formation et _surtout pas_ de superstition.

Jean-Christophe Helary

ljesover
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Postby ljesover » Fri Feb 20, 2004 8:21 am

Je suis désolé mais je crois que je ne suis pas d'accord. Je pense que le problème n'est pas très bien posé.

J'ai lu sans doute vite les quelques contributions qui précèdent, du reste qui n'ont que peu à voir avec le thread original proposé, mais ce sont les beautés des discussions... et je ne suis pas satisfait.

D'abord parce que je lis que "attention, que ceux qui ne gagnent pas leur vie avec une activitié ne viennent pas la modifier". Et puis après tout un tas de considérations sur la rémunération. On rencontre la question de la rémunération soyons clair, donc on en parle, mais ce n'est pas elle qui fixe, comme un négatif, ce que nous sommes.

Ensuite c'est faux de dire que le "copyleft" ne fait pas gagner sa vie. Cela génère pour aller vite pas mal de richesse. Le truc c'est que ce n'est pas l'activité principal usuel qui la génère.

Mais dans tout cela je pense qu'on a oublié la question principale à savoir que fait-on et comment fait-on ensemble. Ici ensemble = transtrad. Ici en ce moment il y a 1600 bénévoles/volontaires. Ensemble ce sont plusieurs centaines qui travaillent sur les deux bouquins du CADTM et de 50 Years is enough (contributions gratuites des auteurs donc des traducteurs, nous - vente prix coutant pour rembourser les frais d'impression: le travail autour du papier est donc rémunéré...), sur la "mémoire-restitution" du FSE, sur quelques papiers de mobilisation européens... Ensemble ce sont certains qui ont commencé à dire "tiens, pourquoi ne pas être aussi le "donneur d'ordres" et pas seulement le service après-conception" parce que la 3ième proposition elle est bien autour de cette inversion.

Comment des traducteurs peuvent-ils devenir des éditeurs, comité de rédaction ? Et dans tous ces projets il est possible qu'on rencontre la rémunération. Mais voilà je ne pense pas qu'il faille vraiment débobiner la bobinette à partir de cette rencontre potentielle.

Comment on s'organise, on travaille ensemble, on grandit ensemble, on gère ensemble, on...??? (tiens je pense que c'est dans un autre thread, mais a été mentioné le sujet passionant des événements et de l'expérience d'avoir un groupe de traducteurs durant les événements... donc une quatrième possibilité pour transtrad en plus des 3 proposés.) Je chicane sans doute, j'ai sans doute lu trop vite mais voilà ce sont les questions que je me pose.

steph
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Postby steph » Fri Feb 20, 2004 8:21 am

ciao
Très intéressant, tout ça.
L'amélioration de la qualité de l'interprétation est effectivement un chantier en soi dans Babels.
Ceci dit, je n'assimilais nullement le pro à la qualité et l'amateur à la médiocrité d'une prestation. Certains amateurs se débrouillent comme des chefs derrière un pupitre et en épatent plus d'un. Mais depuis Florence, on a remarqué des trucs sur le terrain qui vont au-delà de la maîtrise des techniques de traduction simultanée : certains pro offrent une interprétation de qualité pour ce qui est de la langue et... heureusement, vu que c'est leur métier, mais pêchent en "sensibilité", en connaissance des thématiques du mouvement ds mouvements et ça se sent. Il manque quelque chose à la traduction qu'ils peuvent offrir. C'est un autre problème avec les non-pro, qui, eux, peuvent être des militants connaissant parfaitement certaines thématiques mais à qui on faciliterait la vie en leur permettant de se sensibiliser au matériel, à la traduction simultanée, etc...
On s'est lancé dans l'élaboration de lexiques thématiques multilingues pour tenter de pallier à un certain nombre de lacunes et donner un peu plus de clés pour que les uns et les autres se sentent plus à l'aise avec les grandes questions altermondialistes et le jargon que chacun d'elles engendre.
Mais ça n'est qu'un aspect de ce qu'on peut faire.
Reste la pratique. La sensibilisation au matos, aux techniques, etc.... là, on pêche. Mais bon... On a aussi moins de deux ans d'existence.

A part ça, ce n'est pas la première fois que j'entends parler de spécialisation : ailleurs dans le forum, je crois, Jairo et Laura se sont plusieurs fois demandé s'il n'était pas possible de revoir le formulaire d'inscription en ligne sur le site, pour demander aux uns et aux autres leurs préférences, ou leurs domaines de spécialisation, ce qui permettrait d'envoyer les gens travailler en priorité sur les thémes qu'ils connaissent déjà. A creuser, j'imagine.

Maintenant, si la spécialisation aboutit à dire : les interprètes pro en cabine et l'intendance suit grâce aux non-pro... sans moi!
Je préfèrerais encore passer des heures à faire de la cabine muette, du shadowing ou que sais-je encore avec une cuiller en bois devant une glace que de me taper le boulot de dingue que fait la "brigade financière", ou que de reprendre le chemin d'un/e coordinatrice de terrain...

;)
Stéph


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