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Appel à volontaires - FSM2006 Bamako

Pour sa sixième édition, le Forum social mondial sera polycentrique, c’est-à-dire décentralisé, organisé simultanément dans différents endroits du monde. Trois villes l’accueilleront : Bamako (Mali - Afrique), Caracas (Venezuela - Amériques) et Karachi (Pakistan - Asie)

Sur le continent africain le FSM se déroulera du 19 au 23 janvier 2006 à Bamako au Mali.

Depuis quelques années, le FSM met en place un processus plus participatif et plus inclusif. De la construction du programme à l’organisation des lieux, le « Territoire mondial social » se donne pour but de développer l’interaction, la participation et l’émergence d’alternatives. Non seulement par les discours et dans les idées, mais aussi par les pratiques de construction du Forum même. L’organisation du FSM2006 à Bamako reflétera les pratiques alternatives mises en lumière au cours des précédents forums en particulier pour ce qui concerne les langues.

Le langage des peuples.

Aucun peuple où qu’il soit ne s’est jamais développé par la minorisation et la mise à l’écart de la culture et de la langue qu’il s’est choisi librement. Les pouvoirs dominants, en particulier dans les institutions internationales comme la Banque mondiale, le Fonds monétaire internationale, l’Organisation mondiale du commerce etc. prétendent pourtant le contraire, en imposant non seulement des dogmes économiques, sociaux et politiques, mais en le faisant dans les langues des colonisateurs.

Il n’existe ni langue pauvre, ni langue dans laquelle il est impossible de traduire ou d’exprimer les différents concepts. Par contre existe bien une volonté claire d’asservir les peuples aux « évidences » libérales.

Le FSM est un espace qui vise à partager des analyses, à témoigner des luttes, à chercher et mettre en lumière les alternatives existantes à cette loi d’airain qui sévit partout dans le monde. Pour réaliser ces idées, pour les faire vivre et croitre dans les différentes sociétés et il faut pouvoir les exprimer et les échanger dans ces différentes cultures, donc dans leur langue.

Traduire, un acte politique.

La traduction est donc avant tout un acte politique qui vise à permettre l’existence et la réappropriation non seulement des analyses, mais plus encore des solutions au monde tel que nous le subissons. Pour ce faire, le FSM ne peut pas se dérouler uniquement dans la langue des colonisateurs et des pouvoirs dominants existants.

Depuis quelques années un processus autour de la traduction a permis que les Forums sociaux ne se déroulent plus, fatalement, dans les trois ou quatre langues imposées, mais dans une douzaine de langues différentes. Il s’agit de renforcer le processus en y faisant entrer les langues nationales africaines. Il s’agit de permettre une pratique réelle de la diversité culturelle, pratique qui est en soi une alternative à l’état de fait imposé par les pouvoirs dominants d’où qu’ils soient.

Volontariat, un acte pour l’avenir.

Faire appel aux volontaires pour la traduction, aux interprètes et aux traducteurs et traductrices qui gagnent leur vie tout le reste de l’année par la pratique de leur expertise, n’est pas qu’un acte gratuit. Il s’agit avant tout pour eux d’exprimer et de préparer les nouvelles modalités qui leur permettront de se nourrir demain. C’est ainsi que des milliers de personnes dans le monde se sont déjà mobilisées autour des différents Forums précédents.

C’est en se réappropriant nos langues que de véritables alternatives pourront demain remplacer les diktats du marché que ce soit en Afrique ou ailleurs. C’est dans nos langues qu’un autre monde sera possible.

Nous cherchons des volontaires.

QUELLES LANGUES SERONT INTERPRETEES ? Les langues du Forum de Bamako vont dépendre des besoins exprimés par les organisations et les participant-e-s.
Néanmoins le Forum a décidé de mettre l’accent tout particulièrement sur les langues africaines : nous cherchons donc des volontaires capables d’interpréter depuis ou vers le BAMBARA, le WOLOF, le SWAHILI, le HAUSSA, l’ARABE entre autres.

En ce qui concerne les langues européennes la langue pivot majoritaire sera le Français suivie de l’Anglais. Le Portugais et dans une moindre mesure l’Espagnol seront également présents.

CONDITIONS DE TRAVAIL : VA FALLOIR ETRE FLEXIBLE ! Les conditions de travail seront particulières et ce pour une raison très simple : manque de moyens, manque de temps d’organisation. Par exemple cet appel à volontaires n’a pu être publié qu’à la mi-décembre, le temps de s’assurer a minima de la situation.

Les personnes qui désirent se porter volontaires doivent donc s’attendre à improviser et à devoir prendre des initiatives qui sortent du cadre strict de l’interprétation de conférence. Cela n’aura rien à voir avec Porto Alegre ou Mumbai, mais ça risque d’être nettement plus intéressant.

BUDGET LIMITE = BILLETS D’AVION LIMITES : Le budget du FSM ne permet d’assurer la présence que d’une vingtaine de personnes en y incluant les quelques personnes nécessaires à l’équipement des salles, lui aussi mis à disposition de manière volontaire et solidaire. Les besoins réels du Forum de Bamako sont supérieurs à ces moyens disponibles.

APPEL AUX VOLONTAIRES QUI SONT SUR PLACE OU QUI VIENNENT AVEC UNE AUTRE ORGANISATION - Nous comptons donc sur les personnes présentes à Bamako, soit parce qu’elles y vivent, soit parce qu’elles y viennent pour Forum Social Mondial.

Si c’est votre cas, merci de vous faire connaître rapidement en vous inscrivant sur http://registration.babels.org et en cliquant sur FSM Bamako.

Si vous participez au FSM avec un organisation envoyant une délégation importante, posez-leur la question s’il serait possible qu’ils prennent en charge la venue d’au moins un interprète.

PREVOYEZ DE VENIR UN PEU AVANT : Nous organiserons un accueil à Bamako durant les quelques jours avant le Forum social mondial. Cela nous permettra de mieux nous connaître et d’organiser ensemble l’interprétation durant ces quelques jours.

FAVORISER L’EMERGENCE DE RESEAUX AFRICAINS D’INTERPRETATION ET DE TRADUCTION. Notre but est de favoriser au maximum la création de réseaux africains (interprétation, traduction et équipement alternatif) qui permettraient ainsi de relier dans une même dynamique le FSM06 à Bamako et le FSM07 à Nairobi.

Il s’agit donc d’identifier - à travers des initiatives au Kenya, au Sénégal et au Mali - quelques personnes qui pourraient venir à Bamako du 15 janvier au 24 janvier, non seulement pour interpréter mais aussi pour participer, échanger leur expérience et contacts avec les personnes présentes. Bamako serait ainsi la première étape d’un cheminement commun vers Nairobi, en 2007.

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